Madagascar: Processus de l'émergence - Tentative de sabotage évoquée par Freddy Andriamalala, président du GNECUC

interview

Mamy Freddy Andriamalala, économiste et politologue, Professeur des universités, consultant et non moins président du GNECUC.

Au stade actuel, tenter d'éliminer le Président de la République et ses collaborateurs revient à détruire Madagascar et tuer le peuple malagasy, selon Mamy Freddy Andriamalala, économiste et politologue, professeur des universités, consultant et non moins président du Groupement national des enseignants et chercheurs des universités pour le changement (GNECUC). Interview.

Midi-Madagascar (MM). Comment jugez-vous la tentative d'assassinat avorté contre le président de la République et plusieurs certaines de personnalités politiques ?

Mamy Freddy Andriamalala (MFA). La question qui vient à l'esprit est de savoir si les personnes malintentionnées qui envisagent d'assassiner les responsables politiques ayant la légitimité démocratique ont la capacité d'anticiper les conséquences néfastes probables de leur idée. Ce sont des actes criminels et anti-démocratiques visant à déraciner avec les armes le pouvoir « légal-rationnel » monopolisant la violence légale et légitime.

Assassiner le Président de la République et ses collaborateurs est un mode opératoire visant à détruire Madagascar. Assassiner le Président de la République, c'est assassiner le peuple malgache et sa culture.

D'après vous, les commanditaires de ces actes ne veulent pas savoir les coûts néfastes de leur initiative?

MFA. Le passé ne s'oublie pas facilement. L'histoire politique de plusieurs pays africains comme Madagascar qui ont connu des vagues de mise en place de la démocratie nous enseigne que les coups d'Etat militaire et les manœuvres d'assassinat des quelques chefs d'Etat ont eu des effets dévastateurs irréparables.

Quels sont ces coûts néfastes ?

MFA. Les actes criminels et anticonstitutionnels voulus par des tyrans et factions armées par soif de pouvoir pourraient empoisonner la vie politique, diplomatique, économique et sociale à Madagascar.

Du point de vue politique, l'assassinat du Colonel Ratsimandrava, chef de l'Etat en 1975, est un fait révélateur des actes criminels voulus par les factions armées. Les criminels envisagent de reproduire ce fait. Heureusement que les responsables nationaux, avec les appuis des services des renseignements des pays étrangers, ont fait le travail nécessaire pour déjouer la tentative d'élimination physique des responsables politiques au pouvoir.

Faut-il rappeler que dans les années quatre-vingt-dix, l'assassinat du Président rwandais a entrainé une guerre civile qui a débouché au « génocide du siècle ». Près d'un million de personnes y ont été tuées.

Depuis ces derniers temps, cette pratique devient un mode opératoire des tyrans politiques sanguinaires de tous poils pour acquérir le pouvoir avec les armes sans tenir compte les valeurs de la vie humaine et de la démocratie. Tels sont les cas récents des actes criminels qui ont coûté la vie aux chefs d'Etat tchadien et haïtien. A cela s'ajoute le projet d'assassinant avorté au Mali.

Sous l'angle relations internationales et diplomatie, l'acquisition du pouvoir par les armes est une violation flagrante de la valeur universelle, en l'occurrence la démocratie. Madagascar serait actuelle dans l'impasse et l'isolement si le projet de coût d'Etat était réussi. Du point de vue économique, tous les actes criminels qui ont porté atteinte à la vie des décideurs politiques ayant eu le consentement du peuple par voie électorale se soldent toujours par une crise économique profonde : recrudescence de l'insécurité et des actes de banditisme, crise des finances publiques et risque de non-paiement des salaires des fonctionnaires, intensification de la pauvreté, interruption des échanges internationaux, forte dépréciation de l'ariary, forte inflation, etc.

Quel est votre constat sur la culture politique en Afrique et à Madagascar?

MFA. Mon constat au sujet des manœuvres déstabilisatrices criminelles voulues par des personnes avides de pouvoir est clair : on ne peut pas régler les haines politiques sur le dos du peuple et avec son sang. C'est un acte mené de manière trompeuse par des groupes d'intérêts minoritaires nationaux et étranger en vue de mettre en place un pouvoir dictatorial.

Bref, nous disons haut et fort que nous condamnons fermement les actes criminels et anti-démocratiques visant à protéger des intérêts des tyrans que ce soit national ou étranger.

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