Madagascar: Boeny - Litiges entre écoles catholiques et inspection du travail

Une grande première dans les annales de l'histoire de l'église catholique à Mahajanga. Un bras de fer oppose les établissements scolaires catholiques au Directeur régional de l'Inspection du Travail et de la Fonction Publique.

Le litige consiste au renvoi collectif ou licenciement de vingt-quatre enseignants d'un établissement scolaire des Sœurs à Antanimasaja. Hier, des enseignants ainsi que les personnels administratifs dirigés par les Pères des établissements scolaires catholiques de Tsararano, Saint Gabriel et Sainte-Jeanne d'Arc à Mangarivotra, au total huit établissements ont effectué une descente dans les rues pour démontrer leur contestation. Ils ont décidé de témoigner leur solidarité aux victimes.

Ils ont effectué un sit-in et déployé plusieurs banderoles réclamant le départ du Directeur de l'Inspection de travail.

L'histoire remonte à une grève des enseignants le lundi 10 mai dernier. Les cours étaient perturbés car des enseignants ont réclamé le reste de leur salaire, reliquat des 50%, en avril 2020.

L'état d'urgence sanitaire a obligé l'arrêt des cours en raison du coronavirus. À la reprise des écoles, les Sœurs de l'établissement scolaire à Antanimasaja ont accepté de payer la moitié des salaires, alors que les écoles étaient fermées.

La porte-parole des Sœurs a alors déclaré ce jour-là qu'un délai de 48h était fixé pour ceux qui voulaient démissionner car ils ne pouvaient pas satisfaire leur demande. D'ailleurs, c'était l'ordre des décideurs, à Antananarivo, les sœurs ne pouvaient pas passer outre cette décision.

Source au désordre

Mais le bras de fer n'était donc pas terminé. L'affaire était envoyée au niveau de l'Inspection du Travail qui a donné gain de cause à l'établissement des Sœurs. Vingt quatre personnes sont ainsi renvoyées collectivement.

« L'église doit se lever face à une injustice. C'est la doctrine sociale de l'église. Il faut oser dénoncer. Nous exigeons le départ de ce directeur car il n'a pu défendre le droit des employés. Au lieu de statuer en faveur des licenciés, ils donnent raison à cette école à Antanimasaja. Il est la source du désordre sur place. De plus, il refuse de signer le contrat de travail des employés. Il oblige aussi indirectement les employés à s'adhérer au niveau des établissements de santé privés car il est membre du CA. C'est un abus de fonction. Nous n'arrêtons pas notre manifestation tant qu'il n'est parti », a déclaré un Père.

Le Directeur régional de l'Inspection du Travail n'a pas voulu effectuer de déclaration à la presse hier. La ministre de tutelle refuse qu'il fasse une interview.

Cette manifestation des établissements scolaires catholiques a obtenu l'autorisation de l'Evêque de Mahajanga.

Et en fin de compte, l'école catholique des sœurs Antanimasaja n'est donc pas en union avec ses collègues manifestants à cause de la décision du renvoi collectif.

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