Ile Maurice: Les fauteuils en carton pour handicapés d'Anoop Beeharry

Il a eu l'idée en 2006 et pourtant n'y croyait pas au début mais finalement l'a retenue et développée, pour se lancer dans la fabrication de fauteuils en bois. Lui c'est Anoop Beeharry, 35 ans et habitant de Mahébourg. Il a pris le pari fou de construire des fauteuils à base de carton pour venir en aide aux personnes atteintes de paralysie cérébrale.

Ce professionnel de santé spécialisé en ergothérapie explique qu'il utilise des bases scientifiques et une perspective holistique pour promouvoir la capacité d'une personne à effectuer ses tâches de routine et ses rôles quotidiens. «Les interventions en ergothérapie visent à restaurer/ améliorer les capacités fonctionnelles et/ou à atténuer/éliminer les limitations ou les déficiences physiques/ intellectuelles grâce à des méthodes compensatoires/adaptatives, explique-t-il. Ainsi, j'évalue et aborde à la fois les capacités de l'individu et son environnement (physique et psychosocial) afin d'aider l'individu à optimiser sa fonction et à remplir ses rôles professionnels.» Le trentenaire ajoute qu'il recommande souvent des équipements adaptés ou des produits de technologie d'assistance. Il propose une formation sur leur utilisation pour aider à atténuer les limitations et à améliorer la sécurité.

C'est ainsi qu'il a décidé de se lancer dans l'Applied Paper Technology (APT) à Maurice. «C'est en 2006 que j'ai découvert cette invention en entrant dans la classe de ma prof Madame J. Laurent alors qu'elle commençait à expliquer la technologie du papier appliquée. Sur le moment, je me suis senti découragé en me demandant ce que je vais bien faire de cette technique dans le futur car ça consistait à coller des cartons et des papiers», enchaîne Anoop Beeharry qui a cru en son idée. C'est avec persévérance qu'il s'est lancé dans sa première mission APT qui était une chaise percée d'enfant (potty chair).

«Aujourd'hui, tout en célébrant le parcours de l'APT, je me dois de saluer Madame J. Laurent pour m'avoir inculqué ce savoir-faire. Elle reçoit sans aucun doute une partie de toutes les bénédictions dues lorsque je fais quelque chose avec du papier cartonné pour aider un enfant avec une déficience physique, en particulier venant d'un milieu socioéconomique défavorisé, qui n'aurait jamais pu se permettre une chaise adaptée de dernier modèle», raconte Anoop Beeharry fier du parcours de son projet.

L'APT est un système que le professionnel de santé a su maîtriser. Sa fabrication requiert avant tout une observation de l'enfant. Il faut noter les étapes de développement qu'il a atteintes en fonction de son âge, une évaluation de sa motricité globale/ fine, sa posture de même que ses forces et faiblesses actuelles à la maison, à l'école et pendant le jeu. Puis s'ensuivent la recherche des papiers cartonnés et le découpage, le collage de l'APT et le laminage. «Ensuite, il ne reste plus qu'à positionner l'enfant sur l'APT et prendre une photo pour comparer avec l'ancien APT. Tout ce qu'il reste à faire c'est un suivi pour voir si jamais il faut modifier l'APT plus tard», souligne Anoop Beeharry.

«J'ai un grand respect pour Monsieur R. Bondy, directeur de Southern Handicapped Association, qui n'a jamais hésité, au fil des années, à faciliter notre travail en écrivant des projets pour promouvoir davantage la recherche dans l'APT», indique le Mahébourgeois. Sa mission dans la vie est d'améliorer la qualité de vie des enfants et des jeunes adultes handicapés. Je remercie également l'Ombudsperson for Children's office d'avoir organisé une session interactive d'une journée intitulée «Reflecting on the importance of child rights'-based approach in the delivery of special education » en février 2021, où j'ai pu présenter la technologie APT aux directeurs d'école et au personnel enseignant ayant trait aux besoins d'éducation spéciale.» Anoop Beeharry continue son petit bout de chemin et espère voir les fauteuils APT continuer leur ascension jusqu'ici fulgurante.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X