Afrique: Pegasus, signal d'alarme !

Ce que démontre l'affaire « Pegasus », autrement dit l'espionnage de grande ampleur organisé par certains Etats via la prise de contrôle des téléphones portables de hautes personnalités et de journalistes, est bien le fait que les nouvelles technologies dont on attendait de grands progrès ouvrent simultanément la voie à tous les abus, à toutes les atteintes à la liberté individuelle ou collective et, pourquoi ne pas le dire clairement, à tous les crimes que commettent ou veulent commettre certains Etats. Détaillé jour après jour depuis une semaine par les grands médias, ce scandale planétaire fait apparaître de façon accablante les failles qui accompagnent les avancées techniques et scientifiques dont l'humanité dans son ensemble pensait profiter à brève échéance. Il lance, de ce fait, un cri d'alarme mondial que personne ne peut ignorer.

Le problème, dira-t-on, n'est pas nouveau même si les spécialistes du renseignement tiraient depuis des années la sonnette d'alarme à propos des menaces que porte en elle l'explosion des nouvelles technologies de la communication. Mais, il a pris en quelques heures une dimension que personne n'imaginait et que les responsables du système Pegasus - la société NSO Group très proche des services de renseignement de l'Etat israélien - n'avaient certainement pas prévue, encore moins préparée. D'où la crise diplomatique qui débute et qui pourrait susciter de très vives tensions entre des pays dont jusqu'à présent les relations étaient proches, voire même amicales.

Les semaines et les mois à venir nous en diront plus sur les dessous de cette affaire qui suscite d'ores et déjà une grande émotion sur tous les continents et qui agite à juste titre nos confrères journalistes victimes directes de cette nouvelle forme d'espionnage. Mais il convient d'en tirer dès à présent les leçons et de veiller à ce que nos propres échanges via les portables et les divers moyens connectés avec le Web dont nous sommes équipés ne soient pas pris pour cible par des gouvernements, des institutions, des organismes privés, des mafias qui n'hésitent pas à porter atteinte à la liberté sur laquelle est fondé le système démocratique. Vraie au niveau des Etats, cette prudence l'est désormais tout autant, sinon même plus, au niveau des sociétés civiles et des simples individus que nous sommes.

Le scandale Pegasus n'est très probablement que la partie émergée de l'iceberg qui se construit autour de l'espionnage mondial. S'il est particulièrement choquant et suscite à juste titre de fortes réactions partout, il présente aussi l'avantage d'ouvrir nos yeux sur la dure réalité du monde dans lequel nous vivons tous aujourd'hui. Et, par conséquent, de nous obliger à nous protéger sans plus attendre contre les agressions de ce type qui vont se multiplier, notamment en prenant du recul par rapport aux « Facebook », « WhatsApp », « Google », "Apple », « Amazon », « Microsoft », « Wikipedia » et autres géants du « Net » qui tentent de nous cerner afin de nous influencer.

Prenons donc avant qu'il soit trop tard la juste mesure du signal d'alarme que lance l'affaire « Pegasus ».

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