Tunisie: Manifestations dans les régions contre la classe politique et pour les droits économiques et sociaux

25 Juillet 2021

Dans les régions, des manifestations ont été organisées pour demander des comptes à la classe politique en place depuis 2011.

Ils ont scandé les mêmes slogans brandis un peu partout qui appellent, pour l'essentiel à la dissolution du parlement et au départ du gouvernement, tout en insistant sur la nécessité de juger les personnes responsables de la détérioration de la situation dans le pays.

Voulus pacifiques, ces mouvements ont connu des débordements lors d'affrontements soit avec les forces de l'ordre soit avec des sympathisants du mouvement Ennahdha.

À Nabeul, les manifestants, des jeunes pour la plupart, ont parcouru les principales artères de la ville et appelé au départ du gouvernement, la dissolution du parlement et la poursuite en justice de son président.

Aucune figure politique, ni activistes de la société civile n'ont pris part à ce mouvement qui s'est poursuivi durant plus de trois heures.

Les manifestants se sont dirigés ensuite vers le bureau régional du mouvement Ennahdha et tenté d'y entrer de force.

Devant le rassemblement des manifestants aux alentours du bâtiment, les forces de l'ordre sont intervenus pour les disperser en utilisant le gaz lacrymogène.

Les premiers ont riposté par le jet de pierres, créant un état de chaos à l'avenue principale de la ville et les rues situées à proximité de Sidi Maaouia.

Les forces de l'ordre ont encerclé la zone pour empêcher toute tentative de dégradation des biens publics et privés.

Les manifestants ont crié » dégage » à l'adresse du président du parlement Rached Ghannouchi, du chef du gouvernement Hichem Mechichi et de la président du Parti Destourien Libre Abir Moussi.

À Tozeur le coordinateur régional du bureau Ennahdha Salem Mbarki a démenti les informations selon lesquelles les sympathisants du parti auraient provoqué les manifestants qui ont saccagé le local et détruit documents et matériel.

Il a critiqué le manque d'organisation de ce mouvement de protestation et affirmé que les membres du parti ont préféré de se retirer pour éviter d'éventuels accrochages avec les manifestants.

Pareils mouvements constituent une menace pour la sécurité et la stabilité du pays, a-t-il mis en garde, tenant les autorités régionales et sécuritaires responsables des débordements.

Mais selon Arafat Tlili, un des manifestants, la marche était pacifique et les slogans brandis dénonçaient la dégradation de la situation économique et sociale. Mais lorsque des sympathisants d'Ennahdha se sont livrés à la provocation, la situation est devenue hors de contrôle, a-t-il précisé.

En présence d'un imposant déploiement sécuritaire, des centaines de personnes, en majorité jeunes ainsi que des syndicalistes ont manifesté à Sfax, contre le pouvoir en place et contre la pauvreté.

Rabeh Ouerda, ancien syndicaliste (enseignement de base) a déclaré à la TAP que la classe politique actuelle n'est pas à la hauteur des attentes des Tunisiens qui ont fait la révolution du 14 janvier et renversé la dictature. Il a appelé à la nécessité de dissoudre le parlement et de changer tout le paysage politique.

À Kairouan les manifestants rassemblés à « Bab Jeladine », ont dénoncé la politique de marginalisation empruntée par les gouvernements successifs. Ils ont appelé à la nécessité de demander des comptes à toute personne responsable de la dégradation de la situation du pays.

Les manifestants ont ensuite pris d'assaut le local du bureau régional d'Ennahdha. Ils ont mis le feu à une affiche portant le slogan du mouvement au milieu de cris et de clameurs.

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