Afrique: UA/Entité sioniste - La décision de Faki est "impopulaire et ne profite pas au continent"

Président de la commission de l'U, Moussa Faki Mahamat

Johannesburg — La récente décision du Président de la Commission de l'Union Africaine (UA), d'accueillir l'entité sioniste comme membre observateur, est "impopulaire qui ne profite pas au continent", a estimé l'expert sud-africain, Mustafa Mheta, mettant en garde contre une déstabilisation à l'échelle continentale.

"Qui a décidé de réadmettre Israël à l'UA en tant qu'Etat observateur ?", s'est-t-il interrogé, dans une contribution dimanche sur le site "Middle East Monitor". "Nous connaissons très bien les responsables, car depuis qu'ils sont arrivés au pouvoir dans l'instance continentale, ils ont pris des décisions très impopulaires qui ne profitent pas à l'Afrique et à ses peuples. Au lieu de cela, ils nous ont tous vendus au plus offrant", a réagi l'expert sud-africain.

Il a ajouté qu"un jour, ils (les responsables) seront exposés comme traîtres parce que l'Afrique et ses Etats sont nés des luttes contre l'esclavage et le colonialisme, nous n'avons pas besoin de nous associer à des Etats coloniaux tels que l'entité sioniste", rappelant qu'"autrefois, nos rois et nos chefs nous vendaient pour une cuillère à café de sucre et un miroir brillant. Aujourd'hui, nos dirigeants nous vendent à nouveau aux descendants des mêmes impérialistes portant des manteaux démocratiques pour cacher leurs intentions colonialistes".

"Lorsque l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a dirigé la formation de l'Union africaine en 2002, il s'est assuré que l'entité sioniste soit mis à l'écart. Il ne savait pas que ses frères africains continueraient à le trahir, lui et son héritage anticolonialiste", a-t-il ajouté.

L'UA doit, de toute urgence, annuler la décision

Dans son analyse, l'expert a relevé que l'entité sioniste, "raciste et apartheid", ne devrait pas avoir le statut d'observateur auprès de l'UA.

"Avant même qu'une telle réadmission ne soit envisagée, l'organisation aurait dû exiger que l'entité sioniste se conforme aux nombreuses résolutions de l'ONU qui pèsent sur lui", a-t-il expliqué, jugeant que "c'était l'occasion idéale de faire pression sur Israël pour qu'il se retire de toutes les terres arabes qu'il occupe - libanaises, syriennes et palestiniennes confondues - et de faciliter l'indépendance de l'Etat de Palestine".

L'expert s'est dit que "ce n'est qu'un exemple de ce que signifie se lier d'amitié avec l'entité sioniste", soutenant que "la décision de l'entité sioniste d'obtenir le statut d'observateur est la deuxième grave erreur commise récemment par l'UA. Le premier était de permettre au Maroc de rentrer au bercail avant de retirer ses forces du Sahara occidental occupé".

"Avec l'entité sioniste impliquée dans l'UA, on peut s'attendre à ce que le continent soit encore plus déstabilisé. L'Afrique ne peut tout simplement pas se permettre ou permettre que cela se produise", a-t-il alerté.

Il a suggéré que "l'UA doit, de toute urgence, annuler la décision sur le statut de l'entité sioniste à moins et jusqu'à ce qu'il se conforme à toutes les résolutions de l'ONU concernant son retrait de tous les territoires occupés et facilite l'indépendance palestinienne". "Si l'Etat d'occupation coloniale refuse de le faire, alors les relations formelles entre elle et l'Union africaine devraient être retirées de l'ordre du jour", a-t-il conclu.

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