Congo-Kinshasa: Est de la RDC - Les habitants de Minembwe s'inquiètent de la situation sécuritaire

Depuis bientôt quatre ans, cette région du territoire de Fizi au Sud-Kivu est le théâtre de combats qui opposent des milices tribales banyamulenge et maï-maï à Minembwe, et deux catégories des milices aux forces armées de la RDC, occasionnant des morts, des incendies et des pillages de vaches. Les habitants vivent dans la peur au quotidien.

Assis sur l'herbe sèche au terrain de Madegu, Étienne Gatabi a le regard fixé sur le reste de sa maison détruite, après les récents combats entre l'armée congolaise et la coalition Twirwaneho et Gumino : « Elle a été démolie, et tout a été pillé. Après avoir quitté notre refuge, ma famille n'a plus rien et même ici nous avons peur, car à tout moment la situation explose. »

À quelques mètres, Immaculée Assa, l'une des femmes leaders de Minembwe, venue plaider pour le retour de la paix auprès de la mission de l'ONU, la Monusco : « Ici, la femme est en train de perdre son mari, son fils et son beau-fils, et ensemble avec sa belle-fille, elles restent veuves. Des cas de viols sont parfois signalés. C'est un grand problème. Pourtant, toutes les tribus cohabitaient ici à l'époque. Nous voulons la paix, nous en avons tellement besoin ! »

À cause de l'insécurité, plusieurs ONG ont plié bagage, et déjà l'hôpital de Minembwe qui bénéficiait des médicaments de leur part crie à la carence. Les écoles ont rouvert leurs portes, mais plusieurs élèves sont encore absents. Face à cette situation, le commandant des FARDC dans cette zone, le général Patrick Opia, se veut rassurant : « Je lance un appel à toute la population qui est encore dans la forêt de regagner leurs milieux et de continuer à travailler comme d'habitude. Ils ne doivent pas avoir peur, car l'armée est là, on va les sécuriser puisque c'est l'une de nos missions. »

L'armée met également en garde contre la détention illégale d'armes dans cette région, et promet d'être sans pitié envers les récalcitrants.

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