Sénégal: Troisième vague de Covid-19, qualité de la riposte, CTE et vacccination - Les «vérités» d'Abdoulaye Diouf Sarr

26 Juillet 2021

La situation de la courbe à Covid-19, de la gestion de la première et deuxième vague avait valu au Sénégal une réputation internationale. En effet, le Sénégal a été cité par l'OMS et les médias comme un pays exemplaire. Mais il semble que le Sénégal est en train de prendre un tournant critique avec cette troisième vague causant des milliers de cas par semaine et des dizaines de décès, avec la « rupture » dans la fourniture d'oxygène entre autres. Invité à l'émission objection de Sud Fm hier, dimanche 25 juillet 2021, le ministre de la Santé et de l'Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a tenu à apporter des éclaircissements sur la situation en question.

Le Sénégal semble dans l'impasse depuis l'annonce de la troisième vague de la Covid-19. Dans certains hôpitaux et centres épidémiologiques, on évoque le manque d'oxygène entre autres. Chose dont le ministre de la Santé ne veut pas entendre parler. « Je ne crois pas que l'on puisse dire qu'il y a rupture par rapport à la fourniture de l'oxygène », a fermement déclaré Abdoulaye Diouf Sarr.

Et de poursuivre : « quant à la liste rouge, je crois qu'il faut relativiser. De mon point de vue, il n'y a pas une liste rouge où le Sénégal serait effectivement inscrit. Il faut noter que depuis le début de la pandémie en mars 2020, le Sénégal s'est engagé de manière assumée, très organisée dans une riposte par rapport à une crise mondiale à savoir la crise à Covid-19. Certes, il faut le rappeler qu'on a vécu deux vagues, une première et une deuxième vague qui ont été toutes et globalement bien maitrisés. Mais même si on a bien géré ces deux vagues, il faut qu'on s'inscrive dans une perspective d'endurance, à long terme. Nous n'avons jamais effectivement intégré dans notre paradigme qu'il faille se réveiller un jour et dire que c'est fini. Donc, cet état d'esprit d'endurance long-termiste, nous l'avons déjà ».

Quid de la troisième vague ? « Elle ne frappe pas seulement le Sénégal, nous sommes dans un contexte mondial, global frappé par cette troisième vague. Et le Sénégal n'est pas indemne de cette de cela », a expliqué le ministre.

Et de poursuivre : « Cependant, la caractéristique de cette vague, c'est que contrairement à la première et à la deuxième vague, l'ensemble des variantes qui accélèrent la contamination sont présents au Sénégal dont le variant Delta. Ce qui explique que les courbes de contamination sont plus importantes cette fois. En effet, aujourd'hui, il faut noter que le système de la riposte est en train de prendre en charge de la manière la plus correcte, la plus réactive, cette troisième vague. Alors, il ne faut pas aller dans l'affolement ou parler éventuellement de non maitrise de cette vague mais, bien au contraire, le seul paramètre maintenant qu'il différencie cette vague des deux autres, qui rend les choses plus compliqué et plus difficile pour nous, c'est le caractère exponentiel de la contamination, proportionnellement à nos capacités d'introduction dans nos systèmes de nouveaux lits. C'est un décalage qui peut rendre très difficiles la réactivité et l'efficacité de la riposte... Mais nous maitrisons la situation ».

En ce qui concerne la rupture d'oxygène, le ministre de la Santé et de l'Action a souligné qu'il n'y a jamais eu de rupture d'oxygène dans les hôpitaux au Sénégal. Et poursuit : « il n'y a jamais eu de rupture d'oxygène pour le Sénégal depuis le début de la pandémie. La raison, dès le début nous nous sommes inscrits dans une perspective de doter les CTE de centrale d'oxygène de production au niveau même de la structure. Et quand on a vu que le besoin en oxygène de cette pandémie est très important, on s'est fixé l'objectif de faire en sorte que tous les CTE soient dotés de centrales d'oxygène et tous les hôpitaux sont dotés de centrale d'oxygène avec notamment 25 centres de santé qui sont dotés d'oxygène. En plus, pour parer à toute éventualité on contractualise avec des structures qui produisent de l'oxygène pour stocker de l'oxygène afin de venir éventuellement au secours en cas de besoin. Et présentement, en plus de la production endogène aux structures, nous avons un stock de plus de 100 mille mètres cube d'oxygène qui sont aujourd'hui disponibles, capables de venir en secours de manière permanente aux CTE ».

Mieux, Abdoulaye Diouf Sarr a annoncé que 35 centrales d'oxygène sont commandées et livrées à partir du 12 août prochain. Par ailleurs, le ministre ajoute que la situation des hôpitaux est tendue parce que du point de vue proportionnalité de la progression de la pandémie, c'est des cohortes de milliers de positifs de 500 à 700. Contrairement de l'échelle des deux premières vagues où on avait au maximum par jour 250 contaminations. « Par contre, l'échelle de contamination de cette troisième vague est très différente, à tel point qu'on a des cohortes très importantes. Car quand le nombre de contaminations augmente à ce niveau-là, on voit toujours que le nombre de cas graves augmente aussi ».

Toutefois, poursuit le ministre : « ce que nous devons faire en ce moment-là, c'est appliquer cette stratégie de développer et d'être flexible pour trouver toujours de l'espace au Sénégalais qui en ont besoin. Aujourd'hui, nous sommes dans une position où les hôtels ne seront pas réquisitionnés mais, nous allons bientôt ouvrir des sites comme le site de « Guéréw », du hangar des pèlerins disponibles et celui de Diamniadio. Mais aujourd'hui, des hôpitaux qui ne faisaient pas partie de la riposte au début de la pandémie pendant les deux vagues sont versés dans la riposte notamment l'hôpital Abass Ndao, celui de Pikine. Donc, notre système a cette force-là de flexibilité pour aller toujours rechercher les ressorts nécessaires pour soulager les Sénégalais », a-t-il souligné.

Et de faire savoir que cela « n'est pas extensible à l'infini et que la manière de stopper cela, c'est véritablement que tous les Sénégalais comme un seul homme nous aident à fondamentalement respecter les mesures barrières, que la vaccination avance afin de stopper la contamination». Evoquant la question de la vaccination, le ministre de la Santé et de l'Action sociale a fait savoir : « à la date d'aujourd'hui, nous sommes à 622 mille 940 personnes et parmi ces personnes, certaines ont pris leur deuxième dose. Si on raisonne en termes de dose, c'est très important. Cela progresse mais, ça peut donner l'impression que ce n'est pas important comparativement à l'objectif que nous avons, qui est à terme de vacciner 9 millions de Sénégalais, ça veut dire tous les Sénégalais qui ont plus de 18 ans. C'est ça l'objectif.

A en croire le ministre, «mais quand on regarde cette vaccination comparativement à la tension qu'il y a dans le monde, on se dit que le Sénégal est en train de faire des efforts ». Enfin pour conclure, Abdoulaye Diouf Sarr a informé de l'arrivée prochaine de 300 mille doses de vaccins Sinopharm.

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