Tunisie: Kaïs Saïed démet le Premier ministre et suspend le Parlement

Après une journée de manifestations contre les dirigeants tunisiens, le 25 juillet, le chef d'Etat a limogé le gouvernement de Hichem Mechichi et suspendu pour 30 jours les travaux du Parlement.

Suite à une série de manifestations apolitiques, à travers tout le pays, le président de la République a réuni en urgence les représentants du pouvoir miliaire et des forces de police, déclarant qu'il limogeait Hichem Mechichi, le chef du gouvernement, et qu'il allait nommer un successeur pour qu'il nomme une nouvelle équipe ministérielle dans les jours à venir. « Nous allons annoncer d'autres mesures pour sauver la Tunisie. Le peuple tunisien doit continuer sa révolution en toute légitimité et nous appliquerons la loi », a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion d'urgence au palais de Carthage avec des responsables des forces de sécurité. « Nous traversons des moments très délicats dans l'histoire de la Tunisie », a ajouté le chef de l'État.

Ennahdha, le parti islamiste au pouvoir, dénonce un coup d'Etat. « Ce qu'a fait Kaïs Saïed est un coup d'État contre la révolution et contre la Constitution », a déclaré le parti, assurant son intention de « défendre la révolution. » « Ce n'est ni une suspension de la Constitution ni une sortie de la légitimité constitutionnelle, nous travaillons dans le cadre de la loi », a assuré le président de la République, en prenant appui sur l'article 80 de la Constitution qui lui permet de prendre des mesures exceptionnelles en cas de danger imminent pour le pays. Mais le texte n'est pas clair sur ces mesures, et rien n'est dit sur le limogeage du chef du gouvernement, la levée de l'immunité des députés, ou encore le gel du travail du Parlement pour un mois, comme l'a déclaré Kaïs Saïed dans un communiqué sur Facebook.

Selon le texte, le président doit aussi en référer à la Cour constitutionnelle qui n'existe pas pour le moment en Tunisie. Le chef d'Etat tunisien est engagé, depuis des mois, dans un bras de fer avec le principal parti parlementaire, Ennahdha. Au pouvoir depuis la révolution de 2011, le parti islamiste est directement visé par ces mesures. Le chef du Parlement, Rached Ghanouchi, est le leader du parti et Hichem Mechichi, le désormais ex-Premier ministre, était soutenu par ce mouvement proche des Frères musulmans.

Pour rappel, dans la Constitution tunisienne, depuis 2014, le pouvoir est réparti entre le Parlement et le président qui n'est en charge que de la sécurité et de la diplomatie.

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