Afrique: Affaires - L'Ordre national des experts-comptables au front contre les illégaux

Le conseil de l'Ordre national des experts-comptables du Congo (ONECC) poursuit ses efforts en vue d'assainir l'exercice de la profession au niveau national. L'ONECC entend créer un observatoire et conduire des enquêtes au sein des cabinets d'expertise comptable et de l'administration publique pour détecter des experts illégaux.

L'exercice de la profession d'expertise comptable est strictement encadré en République du Congo, à travers une loi de 2013 instituant l'Ordre national des experts comptables. Le bureau du conseil de l'ordre a finalement été mis en place en décembre 2019, en charge de veiller au respect des principes de moralité, de probité, de dévouement et de toutes les règles déontologiques applicables à la corporation.

Mais depuis son installation, le conseil de l'ONECC fait face à la défiance de certaines sociétés d'expertise comptable refusant de se plier à la nouvelle loi. Cette dernière exige, par exemple, des critères pour l'obtention de l'agrément et l'exercice de la profession d'expertise comptable. La loi et la règlementation communautaire défendent le cumul de l'exercice de cette profession libérale avec les fonctions publiques.

Le président de l'ONECC, Michel Patrick Gamassa, a indiqué au cours d'une réunion du conseil, le 24 juillet dernier, à Brazzaville, que cet organe disciplinaire est décidé cette fois-ci d'agir de façon énergique à l'encontre des illégaux. L'ONECC a tenté en vain de les persuader amicalement, a-t-il dit, mais ils continuent à poser des actes de défiance à l'endroit de l'ordre et salir l'image de la profession.

« Nous avons surtout fait le point de la situation des illégaux, car il y a des cabinets comptables qui ont certes des agréments, mais ne sont pas inscrits à l'ordre pour poser certains actes nécessitant l'autorisation préalable. Beaucoup d'experts-comptables exerçant au Congo sont en conflit d'intérêts, parce qu'ils occupent des fonctions au sein de l'administration », a décrié Michel Patrick Gamassa.

L'ordre procédera, pour cela, à des vérifications auprès de l'administration fiscale pour voir si les états financiers déposés sont réalisés par les personnes autorisées, de même qu'au niveau du greffe du tribunal de commerce pour la vérification des signataires des états financiers. « L'ordre aura la main lourde, parce que les faussaires pourront se voir retirer les agréments », a averti le président de l'ONECC.

Il faut savoir que ces activités illicites sont observées à Brazzaville et Pointe-Noire. Les acteurs véreux sollicitent souvent les agréments en tant que société d'expertise, une fois l'agrément acquis, ils confient la gestion à d'autres collaborateurs parfois moins qualifiés. Pour l'ordre, c'est une question de responsabilité et promet de continuer la lutte.

La thématique sera au cœur de la prochaine assemblée générale de l'ONECC prévue en octobre. Au cours de leur réunion, les membres ont également fait le point de la situation de trésorerie de la plateforme et du paiement des cotisations statutaires.

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