Maroc: Désillusions en chaîne à Tokyo

Nombreux sont les athlètes marocains à rentrer dare dare au pays

Les athlètes marocains ont le fair-play chevillé au corps, à n'en pas douter. Mais on ne s'attendait vraiment pas à ce qu'ils prennent la devise de Pierre Coubertin "L'important, c'est de participer" au pied de la lettre. A Tokyo, lors de la 32e édition des Jeux olympiques d'été (23 juillet-8 août 2021), l'absence des équipes nationales marocaines dans les compétitions de sports collectifs n'est pas l'unique désillusion. Individuellement, ce n'est pas plus reluisant.

Ce week-end, le surf était à l'honneur. Mais lundi matin, après un premier tour où il est apparu à son avantage (2ème/5), Ramzi Boukhiam n'a pas survécu au duel qui l'opposait au Français Bourez Michel. La faible houle du spot de Tsurigasaki ne lui a clairement pas été favorable. Le natif d'Agadir a tenté par tous les moyens d'engranger un maximum de points en surfant des vagues qui ressemblaient à tout sauf à des rouleaux de compétition comme il l'a regretté : "Je n'ai pas pu trouver de réelle opportunité et de vagues décentes pour performer". Dans ces conditions, c'est la justesse technique et l'opportunisme de Bourez qui ont fait la différence. Désormais, comme le protocole sanitaire olympique l'exige, Ramzi Boukhiam a 48 heures pour quitter le village olympique. Le même sort est réservé au triathlonien Mehdi Essadiq.

Dimanche, aux environs de 23h, le médaillé d'argent des derniers Jeux africains, organisés à Rabat, est sorti de l'eau aux côtés des meilleurs (21ème). Mais un tour de vélo plus tard, il a complètement craqué et explosé en plein vol. A près de 36 ans, le retour du bâton a été violent. Essadiq n'a pas réussi à récupérer des efforts consentis à la nage. L'épreuve de course à pied n'a pas modifié le cours de l'histoire. Le triathlonien marocain a fini à une peu glorieuse 45ème place sur 49 participants, à 8mns 21s du vainqueur, le Norvégien Blummenflet Kristian.

Psychiatre de son métier, Mehdi Essadiq ne risque pas d'être affecté par les affres psychologiques de cet échec. On lui demandera d'ailleurs au passage de soutenir mentalement la délégation marocaine. Et pour cause, ils sont une flopée à rentrer au pays avant même la fin de la première semaine : El Kouraji Mohcine sur abandon (cyclisme sur route), El Bouchti Oumaima, Laaraj Nada et Mahboubi Achraf (taekwondo), Hamout Mohamed, Nadir Abdelhaq, Assaghir Mohamed, Cheddar Rabab (boxe), Iraoui Soumiya (judo), Elkord Houssam (escrime) et Marirhi Ibtissam (tir).

Sans oublier Fraincart Sara (aviron) et Jodar Celia (canoë slalom). Certes, Fraincart poursuivra son séjour dans le village olympique jusqu'à vendredi, mais elle ne doit ce privilège qu'à la programmation d'une finale qui compte pour du beurre. En effet, elle participe à une course qui ne sert à rien, excepté classer les mal classés et étirer son séjour à Tokyo. Mais en aucun cas pour viser une quelconque breloque, malheureusement.

Ainsi, affirmer que la participation des sportifs marocains aux Jeux olympiques est catastrophique relève du doux euphémisme. Et c'est le moins que l'on puisse dire. Outre l'athlétisme, désormais, tous les regards sont tournés vers les deux boxeurs encore rescapés de ce naufrage du sport national. A savoir Baala Youness qui devrait affronter en huitième de finale des lourd (81-90 kg), ce matin aux premières heures (4h51 GMT+1), le Néo-Zélandais Nyika David, suivi de Belahbib Oumayma.

La première porte-drapeau marocaine de l'histoire doit entrer en lice dans la catégorie des mi-moyen, à 6h12 contre l'Ukrainienne Lysenko Anna. Jusqu'à preuve du contraire, elle est l'une des rares compétitrices marocaines à posséder la capacité de nous faire rêver. Car la plupart de ses compatriotes n'ont fait que passer. Pis, ils sont contents d'avoir participé aux Jeux olympiques, malgré les déconvenues et les défaites en chaîne. Fair-play on vous dit. Chady Chaabi

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