Madagascar: Projet d'attentat - L'Armée met en garde les trublions

Armée malgache

La Grande muette montre qu'elle fait corps derrière son chef suprême et pour défendre la souveraineté étatique. Une mise en garde est, également, lancée à ceux qui seraient tentés de sortir des rangs.

Branle bas de combat. Le décor a été planté dès le petit matin, hier, au ministère de la Défense nationale, à Ampahibe. Une fois n'est pas coutume, les trois états majors des trois corps au sein de la Grande muette, sous la houlette du chef d'État major de l'armée (CEMA), ont été confiés pour une cérémonie de levée de drapeau.

Outre le commandement militaire et des hommes de troupe, les blindés et même un hélicoptère ont été de sortie hier. La scène sur le parvis du ministère de la Défense nationale s'apparente à des préparatifs d'une bataille. Tous étaient en tenue de combat. Des éléments du Groupement des forces d'intervention spéciale de l'armée (GFIS), arboraient même des peintures de camouflage.

Quatre jours après le début de la saga concernant la tentative d'assassinat du président de la République, l'armée sort donc du silence par le biais du général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, auréolé de l'ensemble du commandement. La conjoncture étant, le but de la manœuvre d'hier est de démontrer l'unité de l'armée. Affirmer qu'elle est prête à assurer sa mission de défense de l'intégrité du territoire, de la souveraineté et de l'unité nationales, ainsi que de la stabilité de la République.

D'entrée, le général Rakotonirina a annoncé la couleur. « Aux chefs d'États majors. je vous donne l'ordre de prendre les mesures nécessaires pour défendre la souveraineté et la stabilité du pays », soutient-il. « Intenter à la vie du président de la République c'est s'attaquer à la souveraineté de la nation, à sa stabilité. Nous ne pouvons pas accepter pareil acte contre un Président élu », ajoute le membre du gouvernement.

Mise en garde

Le ministre de la Défense nationale a bétonné ses propos en soulignant qu'en étant élu démocratiquement, garant de la souveraineté et de l'unité nationale, « il est du devoir de l'armée de défendre », l'institution qu'est le président de la République, qui est aussi son chef suprême, selon la Constitution.

Outre démontrer son unité et qu'ils font corps derrières le chef de l'État, la sortie des militaires, hier, est également, pour mettre en garde les trublions « qu'ils soient étrangers ou malgaches et même, éventuellement, au sein de l'armée », lance le général Rakotonirina. Jeudi, la Dépêche informative Taratra, agence de presse étatique, a publié que les cerveaux de la tentative d'assassinat du Président ont enrôlés une escouade de quinze mercenaires pour parvenir à leur fin.

Selon des sources proches du dossier, une partie de cette escouade de mercenaires serait parvenue à entrer au pays. Les identifier et les appréhender est une des missions qui s'imposent aux Forces de défense et de sécurité (FDS), dont l'armée. Le discours prononcé durant la cérémonie de levée de drapeau, à Ampahibe, hier, a aussi été l'occasion de lancer un avertissement à ceux qui seraient tentés de casser les rangs.

Une thèse de l'enquête en cours sur cette affaire de tentative d'attentat contre le chef de l'État, entre autres, est qu'il y aurait des officiers supérieurs impliqués. Ces derniers devaient être les relais locaux des mercenaires. Ces gradés auraient déjà été auditionnés par les enquêteurs. Mettant en avant le fait que l'enquête est toujours en cours, le ministre de la Défense nationale ne s'est pas trop attardé sur ce sujet. Dans ses mots, il a cependant affirmé une intransigeance si l'implication d'éléments de l'armée est avérée.

Aux militaires qui seraient tentés par la sédition, le général Rakotonirina prévient que « ce sera zéro tolérance ». Il tonne, « les sanctions les plus sévères seront appliquées. Il y a les tribunaux de droit commun, mais aussi, les sanctions prévues dans le code de justice du service national ». Dans son avertissement, le ministre de la Défense nationale a utilisé des mots forts. Que ceux qui seront tentés de briser les rangs encourent une poursuite pour atteinte à la sûreté de l'État, mais aussi, pour « haute trahison ».

Dans son discours, hier, le membre du gouvernement a, aussi, adressé quelques mots aux anciens responsables militaires retraités. Il leur demande d'éviter les relations avec des personnes douteuses. Ces mots du général Rakotonirina intrigue. L'information selon laquelle, deux officiers généraux retraités seraient happés par l'affaire de tentative d'attentat d'assassinat du président de la République, s'est fait insistante. Questionné sur le sujet, le ministre de la Défense nationale a été évasif. Ses mots pourraient, toutefois, ne pas être fortuits.

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