Ile Maurice: Cour d'investigation «Wakashio» - Trois officiers de la NCG rappelés à la barre

Le 25 juillet 2020, le vraquier MV Wakashio s'est échoué devant la Pointe d'Esny, l'une des destinations touristiques les plus importantes de l'île Maurice. Ce collage composé de deux images acquises les 1er et 6 août 2020 par le Copernicus Sentinel -2 satellites, montre le vraquier échoué près du récif (à gauche) et la marée noire (à droite).

La séance de ce mardi 27 juillet sera marquée par le retour des officiers de la National Coast Guard (NCG).

Trois d'entre eux, notamment le PC Ujoodha, de la NCG Ops à Fort-William, le PC Sujeebun de la NCG de Deux-Frères ainsi que son collègue le PC Jagurnath devront à nouveau témoigner devant Abdurafeek Hamuth et ses deux assesseurs Jean Mario Geneviève, Marine Engineer et Johnny Lam Kai Leung, Marine Surveyor. Il semblerait qu'ils seront confrontés à de nouveaux éléments. Lors de leurs précédents témoignages, ces officiers de la NCG ont donné du fil à retordre au panel, s'entremêlant les pinceaux, à plusieurs reprises. Le PC Ujoodha avait affirmé que parmi ses responsabilités, il était chargé de surveiller le US C-vision utilisé pour le trafic maritime. Revenant sur l'échouement du MV Wakashio, le 25 juillet 2020, il dira qu'il avait vu le vraquier japonais à 18h05 à 11, 5 milles nautiques, de Maurice.

Or, toujours selon lui, comme il ne s'agissait pas d'un «vessel of interest» ou d'un navire suspect, il ne représentait pas une menace pour Maurice. À une question de Mario Geneviève, il dira qu'il avait pris l'initiative d'appeler le PC Sujeebun pour lui dire d'entrer en contact avec le vraquier. «Ne vous a-t-il (Ndlr.PC Sujeebun) pas dit qu'il avait essayé sans succès? Il aurait du vous dire quand il vous a rappelé 4 minutes plus tard», demande pour sa part le président Abdurafeek Hamuth. Mario Geneviève demandera si ce n'était pas une priorité pour lui de contacter le PC Sujeebun pour s'enquérir de la situation quand ce dernier ne l'a pas rappelé. Le PC Sujeebun ne sera pas épargné non plus. À une question d'Abdurafeek Hamuth, il dira qu'il regardait l'heure sur une horloge et non pas sur le radar car il n'y avait pas de minuteur. Mario Geneviève l'interrogera sur le fait qu'il était le seul à savoir que le Wakashio s'est arrêté sur les récifs car c'est lui qui le surveillait. «Ne pensez-vous pas que c'était votre devoir d'informer l'Ops Room que le navire s'est arrêté?». Il répondra que le navire se trouvait dans le passage Innocent. La réponse choque l'assesseur. «Le bateau ne peut pas être dans le passage Innocent s'il est à l'arrêt car à 19h25 il ne naviguait pas».

Pour le président de la cour d'investigation, Abdurafeek Hamuth, le PC Sujeebun était plus concerné à obtenir des informations pour remplir le «log book» que de sauver le navire. «Everybody is drowning and you're more concerned about filling your entries». Quant au PC Jagarnath, il avait expliqué qu'il a rejoint le CSRS de Pointe-du-Diable à 18h45 et qu'il avait vu le PC Sujeebun qui surveillait le radar et notait toutes les communications dans le «log book». Avez vous essayez de contacter le Wakashio?», lui demande l'Assistant Sollicitor General Me Baungally. «Comme Sujeebun était déjà là en tant qu'opérateur radar, je n'ai pas interféré. C'est lui qui a pris la responsabilité de contacter le Wakashio et d'appeler la Ops Room». Ce qui a irrité le plus le panel, c'est le fait d'avoir appelé à plusieurs reprises le MV Wakashio comme un bateau de plaisance. «Ce n'est pas un bateau de plaisance. You've been saying pleasure craft more than 20 times», fait remarquer un Abdurafeek Hamuth visiblement agacé au témoin.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X