Afrique: Comment resoudre l'absenteisme des veilles et lendemains de certaines grandes fêtes religieuses au Sénégal ?

27 Juillet 2021
opinion

Ma petite expérience de gestion de service (donc du personnel) dans le privé et dans l'administration publique, m'a permis de relever que les veilles et les lendemains des deux principales fêtes musulmanes que sont l'Eid el Fitr (Korité) et l'Eid el Kabir ou Eid el Ahda (Tabaski) sont des occasions d'absentéisme et très souvent sans demande de permission.

Même quand vos demandez à quelqu'un pourquoi s'est-il absenté le lendemain d'une de ces deux fêtes ? Il vous répond avec assurance, qu'il croyait que le lendemain de Tabaski ou de Korité est toujours férié. Evidemment ce n'est pas le cas.

L'amalgame savamment ou sciemment entretenu, vient du fait que la LOI 74- 52 du 4 novembre 1974 relative à la fête nationale et aux fêtes légales modifiée par la loi n° 83- 54 du 18 février 1983 et la loi n° 89-41 du 26 décembre 1989 dit : «... Quand la Korité et la Tabaski tombent un dimanche, le lundi suivant est férié ». Ces absences très souvent sans permission, paralysent le pays et ont à coup sûr, une influence négative sur notre économie.

Peut-être que nos compatriotes de la religion chrétienne s'absentent aussi à l'occasion de leur fête. Mais, du fait de leur nombre limité, l'impact n'est pas aussi visible. C'est pourquoi, je pense qu'il nous faut trouver une solution pour régulariser ou légaliser cet état de fait qui peut intéresser plus de 95% de la population. Ma proposition est qu'étant donné que les travailleurs salariés du public comme du secteur privé ont droit chacun à des jours de congés annuels, qu'il soit prélevé cinq (05) jours de congé à chacun.

Par exemple si vous avez 30 de jours de congés annuels, il vous restera 25 jours. Et que ces cinq jours soient répartis comme suit : deux jours pour la Korité, soit un jour avant et un jour après et les trois jours pour la Tabaski, soit un jour avant et deux jours après. Evidemment, cette proposition devrait ainsi faire l'objet d'un débat à l'Assemblée nationale pour son adoption.

Dans des pays asiatiques comme le Japon entre autres, presque tout le monde va en congé de la dernière semaine de décembre à la première semaine de janvier suivant ; parce que presque tous les travailleurs souhaitent passer les fêtes de Noêl et de fin d'année en famille dans leurs localités. Le pays pendant cette période est au ralenti, le service minimum est assuré notamment dans les secteurs vitaux et de sécurité qui fonctionnent à flux continu.

Nous pouvons aussi faire la même chose pendant cette période. Et d'ailleurs, c'est presque ce que l'on observe actuellement mais, de façon non officielle. Il s'agit juste d'une opinion qui peut faire objet de débat. Mais, à mon humble avis, si cela était acté de façon officielle, ce serait mieux pour le fonctionnement de nos services. L'administration se doit de s'adapter parfois, au rythme de la société.

DR EL HADJI TRAORE,

DMV, DR ESSC, HDR, CHERCHEUR,

ANCIEN DIRECTEUR SCIENTIFIQUE DEL'ISRA.

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