Afrique: D'un gland est né un chêne

analyse

Cet article retrace les débuts modestes d'Aidspan au cours de ses premières années d'existence. Pour ce faire, il présente une chronologie de certains événements clés de la vie d'Aidspan qui ont contribué à sa croissance et ont abouti à l'organisation qu'elle est aujourd'hui. Le fondateur d'Aidspan, Bernard Rivers, partage ses motivations - et bien d'autres choses - dans l'article 4 de ce numéro de l'OFM.

Le contexte

On se souviendra qu'en avril 2001, Kofi Annan évoque l'idée du Fonds mondial lors du Sommet africain sur le VIH/sida, la tuberculose et les autres maladies infectieuses au Nigeria. Nous savons tous ce qui s'est passé ensuite. Voici donc l'histoire de comment cette petite idée de soutenir le travail du Fonds mondial et de le rendre responsable devant ses parties prenantes a donné naissance à l'organisation qu'est aujourd'hui Aidspan.

15 octobre 2001 : Le serveur de liste Break-the-Silence (BTS), géré par Tim France, le fondateur des Health & Development Networks (HDN), est (re)lancé dans le but précis de favoriser une communication ouverte et transparente autour de la création de ce qui est devenu le Fonds mondial.

12 novembre 2001 : Bernard Rivers commence à publier des messages détaillés sur le BTS dans lesquels il partage des informations et des réflexions sur le Fonds mondial.

8 décembre 2001 : Bernard rédige un document intitulé " Facteurs de risque et d'opportunité pour le Fonds mondial au cours de sa première année de fonctionnement ", qu'il envoie à diverses parties intéressées.

13-14 décembre 2001 : Bernard se rend à Bruxelles pour, selon ses propres termes, "traîner avec quelques autres militants", en marge de la troisième réunion du Groupe de travail transitoire, l'entité chargée de mettre en place le Fonds mondial.

1er janvier 2002 : Le Fonds mondial commence ses travaux

5 avril 2002 : Bernard, Tim France et Gorik Ooms, qui se sont " rencontrés " par le biais de BTS, commencent à échanger des idées sur la manière d'analyser quels pays " devraient " donner combien au Fonds mondial.

21 avril 2002 : Bernard, Tim et Gorik écrivent un article intitulé "Le Fonds mondial : Quels pays doivent combien ?" et le distribuent à 20 000 professionnels du sida, fonctionnaires, journalistes et militants du monde entier. Cet article décrivait leur formule, le " Cadre des contributions équitables " (reproduit dans l'article 3 de ce numéro).

Dans ce document, Bernard était décrit comme " le directeur d'Aidspan, une nouvelle organisation non gouvernementale qui fournit une aide à la collecte de fonds pour les projets de lutte contre le sida dans les pays en développement, basée à New York, aux États-Unis ". C'est la première mention publique d'Aidspan.

11 juin 2002 : Bernard lance le site Web d'Aidspan à l'adresse https://www.aidspan.org/en/c. Il y décrit Aidspan comme une organisation non gouvernementale (ONG) créée pour fournir une aide à la collecte de fonds aux ONG qui travaillent sur les causes et les conséquences du sida dans le monde.

6 novembre 2002 : Aidspan est légalement constituée pour, entre autres, "fournir des informations et un forum de discussion sur le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et ses activités". C'est la première fois que le Fonds mondial est explicitement mentionné dans la mission d'Aidspan.

6 décembre 2002 : Aidspan met sur pied un comité consultatif de rédaction pour le Global Fund Observer (GFO) qu'elle s'apprête à annoncer. Il était composé du Conseil international des ONG de lutte contre le sida (ICASO), du Réseau mondial des personnes vivant avec le VIH (GNP+), du Réseau latino-américain des personnes vivant avec le VIH (REDLA+), de HDN et de l'Alliance internationale contre le VIH/sida (connue sous le nom de Frontline AIDS depuis 2019). Les trois premiers avaient été désignés comme points focaux pour la communication au sein de la délégation du conseil d'administration des ONG du Fonds mondial. Le comité consultatif de rédaction a été créé à l'origine pour veiller à ce que le GFO fasse un travail qui soit respecté et approuvé par ces institutions. Cependant, au milieu de l'année 2003, le Comité de rédaction n'était plus nécessaire, car le GFO était désormais accepté et validé, et les articles du GFO n'avaient plus besoin d'être "vérifiés" quant à leur exactitude et leur correction politique. Cependant, Aidspan a continué à entretenir des liens étroits avec ces organisations et ces personnes et collabore encore aujourd'hui avec ces organisations sur divers projets.

18 décembre 2002 : 30 000 personnes qui avaient déjà assisté à l'une des conférences internationales sur le sida reçoivent un courriel annonçant le lancement imminent du GFO et sont invitées à s'y abonner. Il leur est précisé que le GFO fournira " une plateforme indépendante d'informations, d'analyses et de commentaires sur le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ".

23 décembre 2002 : Le premier numéro du GFO est envoyé (tous les numéros du GFO sont accessibles sur http://www.aidspan.org/en/c/gfo-issues ). Ce numéro décrit le GFO comme "une source indépendante de nouvelles, d'analyses et de commentaires sur le Fonds mondial", ajoutant que "Aidspan est une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis qui promeut un soutien accru au Fonds mondial et son efficacité". Plus de 1 000 personnes se sont inscrites à la Newsletter dans les 24 heures qui ont suivi son annonce le 18 décembre, et bien d'autres depuis (15 000 à ce jour).

Ce premier numéro de la GFO, dont Bernard était à la fois le directeur exécutif d'Aidspan et le rédacteur en chef du GFO, contenait des informations générales sur le Fonds mondial à l'intention de ceux qu'il appelait les "enthousiastes", afin qu'ils puissent les assimiler pendant la période des fêtes. Le numéro 2 suivait un format plus standard, avec des nouvelles, des analyses et des commentaires. À l'époque, l'objectif était de publier le GFO environ toutes les deux semaines, ainsi que de publier un numéro avant les réunions des comités et du conseil d'administration du Fonds mondial, puis de le publier à nouveau immédiatement après ces réunions pour informer les lecteurs des événements qui s'étaient déroulés et des décisions prises.

A ce jour, le GFO a conservé ce format, avec des nouvelles, des analyses et des commentaires entrecoupés d'interviews et d'articles d'intérêt, et des numéros spéciaux coïncidant avec les délibérations des Comités et du Conseil.

16 janvier 2003 : Le conseil d'administration d'Aidspan (différent du comité consultatif de la rédaction) tient sa première réunion.

30 janvier 2003 : Impressionnées par les cinq premiers numéros du GFO, Open Society Foundations, connues à l'époque sous le nom d'Open Society Institute (OSI), s'adresse à Aidspan pour lui suggérer d'obtenir un financement de l'OSI. Après une réunion préliminaire, Aidspan a envoyé à l'OSI sa première proposition officielle le 23 février 2003.

Cette proposition décrivait Aidspan comme une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis qui s'efforce d'accroître le soutien et l'efficacité du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Le principal outil d'Aidspan à cette fin est le Global Fund Observer, un bulletin électronique largement distribué et faisant autorité qui offre une plateforme indépendante de nouvelles, d'analyses et de commentaires sur le Fonds mondial. La proposition mentionnait également qu'Aidspan effectue d'autres travaux, souvent en coulisse, concernant le Fonds.

À l'époque, le personnel d'Aidspan était composé uniquement de M. Bernard, qui avait personnellement financé toutes ses activités avant janvier 2003. La proposition d'Aidspan soulignait également que l'organisation disposait d'un conseil d'administration solide et efficace et que le GFO était guidé par un comité consultatif de rédaction composé de cinq des principales ONG mondiales liées au sida. La proposition notait également qu'Aidspan cherche à accomplir les tâches suivantes : (i) informer les partisans potentiels du Fonds mondial des activités et des besoins du Fonds ; (ii) fournir aux gouvernements et aux organisations des pays en développement de l'information sur le Fonds et ses subventions, afin d'augmenter les chances qu'ils soumettent des demandes de haute qualité au Fonds ; (iii) travailler publiquement et en coulisse de manière à augmenter les chances que le Fonds recueille suffisamment d'argent ; et (iv) servir de chien de garde et de commentateur indépendant des activités du Fonds. La proposition indiquait qu'Aidspan soutenait inébranlablement les principes sur lesquels le Fonds mondial avait été fondé, mais que, toutefois, Aidspan était prête, à l'occasion, à signaler de façon constructive les façons dont elle croyait que le Fonds n'agissait pas selon ces principes. L'OSI a ensuite financé Aidspan pendant plusieurs années et a été son premier donateur.

Avril-juin 2003 : Bernard se rend à trois reprises en Chine pour aider l'Instance de coordination nationale (CCM) de ce pays à mieux comprendre le Fonds mondial et pour l'aider à élaborer une approche plus efficace de la création de candidatures au Fonds mondial (la Chine avait vu ses demandes de la première et de la deuxième série rejetées; à la suite de la contribution de Bernard, la Chine a été retenue dans sa demande de la troisième série).

11 janvier 2004: Aidspan publie son premier guide - The Aidspan Guide to Obtaining Global Fund-Related Technical Assistance.

7 mars 2004: Aidspan publie le premier guide coécrit par David Garmaise : The Aidspan Guide to Applying to the Global Fund (Round 4). Beaucoup d'entre vous se souviennent de David Garmaise et de sa longue association avec le GFO avant son décès prématuré en 2018.

Août 2004 : Bernard se rend au Nigeria pour aider la CCM à améliorer son fonctionnement et à recommander les mesures à prendre pour remettre sur les rails ses subventions du Fonds mondial en difficulté.

La mission et la vision d'Aidspan au fil des années :

En juillet 2021, le site Web d'Aidspan indique qu'Aidspan est " une organisation non gouvernementale (ONG) internationale créée en 2002 en tant qu'observateur indépendant du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Aidspan fournit aux parties prenantes du Fonds mondial des informations et des analyses pour comprendre et évaluer les progrès du Fonds mondial. Aidspan vise à influencer la transparence et l'efficacité du Fonds mondial à l'échelle mondiale et nationale". Il ajoute que la mission d'Aidspan est un monde sans épidémies de VIH/sida, de tuberculose et de paludisme. Essentiellement, même si la mission d'Aidspan est énoncée différemment de ce qu'elle était au début de son existence, Aidspan conserve la même orientation et les mêmes intentions.

Aidspan a effectivement grandi, passant d'une organisation composée d'un militant new-yorkais et de sa vision à une organisation de onze employés dont le siège social est situé au Kenya, à juste titre puisque 70 % des ressources du Fonds mondial vont à cette région. Le personnel international d'Aidspan vient d'Angleterre, de France, du Kenya, du Rwanda et de l'Ouganda, et tous sauf deux sont originaires d'Afrique.

Le GFO est maintenant aussi publié mensuellement en français, L'Observateur du Fonds Mondial, avec son propre rédacteur en chef.

Néanmoins, l'éthique et l'orientation d'Aidspan et du GFO restent les mêmes : rester fidèle aux idéaux sur lesquels le Fonds mondial a été fondé et constant envers ses nombreux partenaires et parties prenantes, en particulier ceux qui sont touchés par les trois maladies. En effet, la sphère d'intérêt initiale d'Aidspan, le VIH/sida, a été élargie pour inclure la tuberculose, le paludisme et, depuis 2020, la pandémie actuelle de COVID-19. Aidspan demeure un ardent défenseur du Fonds mondial, dont il défend les valeurs, rend compte de ce qui fonctionne bien, mais prend aussi le Fonds à partie lorsque cela est nécessaire.

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