Maroc: Restrictions à maintenir ou reconfinement à envisager

Surtout ne pas compter sur un El Othmani pour espérer une réponse précise

Depuis le début de l'été, les alertes se succèdent et se ressemblent : les cas de contamination et de décès suite à la Covid-19 sont en hausse inquiétante. Certains spéculent sur une montée en flèche de ces cas après l'Aïd Al Adha et les vacances estivales. Une période où la mobilité de la population est beaucoup plus importante. Face à cette situation, les spéculations concernant un retour au confinement vont bon train. Mais, serat-il le cas ? «Oui et non», a affirmé le chef du gouvernement qui a été l'invité de l'émission «Confrontation pour convaincre», diffusée dimanche dernier sur la chaîne Medi1TV. Selon lui, il n'existe aucune décision concernant le retour à un éventuel confinement.

Mais, tout dépendra de l'évolution de la situation épidémiologique dans le pays. «On espère bien qu'on n'arrivera pas à un nouveau confinement et qu'on contrôlera la hausse des cas de contamination», a-t-il expliqué avant de noter que plusieurs pays ont procédé à des fermetures à cause de l'augmentation surprise du nombre des contaminations. Bref, Saad Dine El Otmani ne tranche pas et demeure à la fois dubitatif et perplexe. En effet, l'évolution de la pandémie n'est pas du tout prévisible. Ceci d'autant plus que le reconfinement a un prix fort socialement et économiquement. Et qu'en est-il du vaccin dans tout ça?

Il est encore tôt pour parler de son efficacité puisqu'il faut vacciner au moins 70% de la population pour réaliser l'immunité collective. Un objectif qui sera encore loin à atteindre dans les mois prochains vu les réticences de certaines tranches de la population et la pénurie des vaccins dans le monde. Concernant la comparaison entre le Maroc et certains pays étrangers, plusieurs spécialistes estiment que cette analogie ne tient pas la route vu leurs différences sur plusieurs plans, notamment par rapport aux pays européens qui ont une population plus âgée et qui gèrent la situation différemment de ce qui se passe chez nous. Ceci d'autant plus que d'un point de vue purement épidémiologique, les pays européens enregistrent une progression accélérée de l'épidémie et se trouvent confrontés à des mutations de plus en plus rapides du virus. Pourtant, les spécialistes sont unanimes à considérer qu'il est encore tôt pour parler d'assouplissement des restrictions, couvre-feu compris, vu l'évolution rapide de la situation épidémiologique.

A ce propos, plusieurs études récentes ont mis en évidence que le virus d'Epstein-Barr, virus de la famille des herpès responsable entre autres de la mononucléose infectieuse, peut se réactiver après une infection par le coronavirus, a indiqué le site sciencesetavenir.fr. Et que les patients qui présentent cette réactivation sont ceux qui ont le plus grand risque de développer des formes sévères de Covid-19 ou de Covid longue. A noter que le virus d'Epstein-Barr est très répandu dans la population et se retrouverait chez 95% des adultes. Mais la grande majorité des personnes qui portent le virus ne le savent même pas, car elles l'ont acquis pendant l'enfance et ne développent pas (ou peu) de symptômes.

Alors que l'infection pendant l'adolescence ou l'âge adulte peut causer une mononucléose infectieuse ou une leucémie de Burkitt, un cancer très agressif des cellules lymphoïdes. Après l'infection, ce virus reste dans le corps dans une forme dormante et peut se réactiver lors de certaines maladies, causant de la fatigue, de la fièvre, des maux de tête, des problèmes neurologiques, des problèmes digestifs ou encore des éruptions cutanées. Des symptômes qui sont aussi très fréquents chez les patients atteints de Covid longue. Une étude publiée dans la revue médicale Pathogens a également affirmé que les symptômes de la Covid longue pourraient être liés à une réactivation du virus d'Epstein-Barr et que ce dernier en période de sommeil était réactivé chez plus des deux tiers des patients présentant des symptômes de la Covid longue.

D'après la Société canadienne du cancer, de nombreux symptômes de Covid longue peuvent ne pas être le résultat direct du virus SARS-CoV-2, mais peuvent être le résultat de la réactivation du virus Epstein-Barr induite par l'inflammation de Covid-19. Les patients atteints de la Covid-19 présentent parfois des symptômes à long terme notamment de la fatigue, du brouillard mental et des éruptions cutanées. Ces symptômes sont plus connus sous le nom de la Covid longue. «Notre objectif était d'abord de déterminer la prévalence de la Covid longue chez 185 patients atteints de la Covid-19 interrogés au hasard et, par la suite, de déterminer s'il y avait une association entre l'apparition de symptômes Covid longue et la réactivation du virus Epstein-Barr (VEB) chez 68 patients recrutés parmi les participants», expliquent les chercheurs. Ils indiquent que des résultats similaires ont été observés dans un groupe secondaire de 18 sujets 21 à 90 jours après un test positif pour le SARS-Cov2, affirmant qu'une réactivation peut se produire peu de temps après ou en même temps que l'infection par la Covid-19.

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