Ile Maurice: Consommation - La récolte de pommes de terre 2021 sera de 60 % à 65 %

La récolte de pommes de terre pour 2021 est officiellement lancée. Pour la première saison, qui va de mars à juin, 96,83 hectares ont été cultivés. La culture de cette première saison se fait généralement dans le Nord en raison des conditions agro-climatiques. Mais la récolte se fait aussi dans les régions de Glen-Park, La Marie et Bigara.

La consommation locale annuelle de pommes de terre est de 25 000 tonnes. La production locale oscille entre 11 000 et 12 000 tonnes en deux saisons alors que le reste est importé. La variété de pomms de terre locale préférée des Mauriciens est la spunta. En raison des intempéries de mars et avril, la récolte 2021 variera entre 60 % et 65 %. Lors du lancement, mercredi dernier, ministre de l'Agroindustrie, Maneesh Gobin, a annoncé que le prix plancher de la tonne de pomme de terre de premier grade est passé de Rs 25 500 à Rs 27 500 la tonne. Celui de la variété de grade mixte est passé de Rs 22 800 à Rs 24 500 la tonne. Cette décision du ministère, prise en consultation avec l'Agricultural Marketing Board (AMB) et le comité national sur la pomme de terre, vise principalement à apporter un soulagement aux producteurs locaux et à maintenir le prix pour les consommateurs.

Le président de la Small Planters Association (SPA), Kreepalloo Sunghoon, se réjouit de cette mesure favorable, surtout quand la quantité de pommes de terre augmente sur le marché et que le prix de vente baisse. Le planteur peut avoir moins que ce qu'offre l'AMB. Mais parfois, le planteur peut avoir plus. «Actuellement, la pomme de terre est à Rs 20 la livre, soit environ Rs 40 000 la tonne. Il est possible que le marchand l'ait acheté à Rs 30 000 la tonne. Ce qui fait que le planteur a eu plus que l'offre de l'AMB. Mais en somme, c'est une initiative louable.» Toutefois, fait-il ressortir, la capacité de stockage est limitée. Il faudrait donc l'augmenter et adopter la transformation.

Pour sa part, le planteur Farhad Jugon soutient qu'une hausse était nécessaire en raison des coûts de production plus élevés, avec le prix des agrochimiques, comme les herbicides et les engrais, qui ont augmenté en raison de divers facteurs, tels que l'augmentation du prix du fret pour les importations. «Le planteur ne va pas encaisser ces Rs 2 000. Ce sera utilisé pour la cultivation et pourrait ne pas suffire au vu des augmentations. La hausse aurait dû être de plus de Rs 2 000.» Par ailleurs, malgré cette initiative, des planteurs du Sud ne compten toujours pas reprendre la culture de pomme de terre pour cette saison. Ils déplorent la qualité des semences qui entraîne des pertes lors de la récolte.

Les estimations du ministère de l'Agro-industrie pour les récoltes des années à venir sont de plus de 70 %, avec des importations inférieures en période de sécheresse ou de fortes pluies ainsi qu'en termes de pommes de terre surgelées, grâce à l'agrotransformation, car l'importation de pommes de terre surgelées varie de 6 000 à 6 500 tonnes annuellement.

Le prix de l'oignon toupie libéralisé

Afin de mettre fin aux abus envers les consommateurs, le prix des oignons était fixé, l'an dernier, à Rs 40 le kilo. Toutefois, comme l'explique Dharmaraj Juggoo, de Belle-Mare Water Users' Multipurpose Co-operative Society, le coût de la production est élevé. Si huit tonnes d'une autre variété d'oignon peuvent être récoltées sur un arpent de terrain, la production de l'oignon toupie sur la même superficie peut atteindre seulement quatre tonnes, soit bien moindre. Aussi, souligne-t-il, il est plus fragile. Le prix fixé causait des pertes et rendait difficile la poursuite de la cultivation de cette variété d'oignon après l'actuelle saison de récolte.

Le prix de cette variété d'oignon est donc libéralisé pour soutenir les producteurs. Du côté des planteurs, cette mesure est bien accueillie. Dharmaraj Juggoo, pour sa part, estime que le prix de vente sera entre Rs 25 et Rs 30 la livre. Considérant qu'il faut bien soutenir les planteurs, Jayen Chellum, le secrétaire général de l'Association des Consommateurs de l'île Maurice, comprend la décision mais fait ressortir qu'avec les revendeurs faisant plus de profits, la mise en place d'une marge maximale aurait été la meilleure formule.

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