Sénégal: [Reportage] Prévention de la Covid-19 - La grande ruée vers les vaccins

27 Juillet 2021

La hausse des cas de Covid-19 plonge les jeunes dans l'inquiétude. Ils sont nombreux à opter pour la vaccination afin de se prémunir contre le variant Delta qui fait des ravages à Dakar et à l'intérieur du pays.

Le centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh des Parcelles assainies est animé en cette matinée. Assis à l'entrée, le vigile semble avoir un don pour deviner la destination des arrivants. « C'est pour la vaccination ? », demande-t-il inlassablement aux visiteurs. Ces derniers se dirigent tout droit vers la salle polyvalente prise d'assaut. Ce lieu de vaccination, aux couleurs vert-blanc, est assailli par des hommes et des femmes de tous âges confondus. Les masques bien ajustés, assis sur des bancs ou même debout, ils attendent leur tour. Aminata Diouss est là pour prendre sa première dose de Sinopharm. L'adolescente de 19 ans est au centre de santé depuis huit heures. Il est déjà midi passé de quelques minutes. Mais l'attente ne gêne guère cette résidente de l'unité 17 des Parcelles assainies. «Il est important pour moi de prendre ce vaccin, car j'ai des problèmes respiratoires tels que la sinusite et l'asthme», confie-t-elle, non sans relever l'utilité de se protéger contre le virus de la Covid-19.

«Je m'étais inscrit sur la liste un mois avant. Mais le vaccin n'était pas disponible. Ils m'ont appelé ensuite pour que je vienne prendre ma dose de Sinopharm», explique Ibrahima Sylla. La trentaine révolue, assis près de la salle de vaccination, les casques aux oreilles, il écoute la radio. «Je suis là depuis neuf heures, mais je ne peux pas partir sans me faire vacciner. J'ai même pris ma journée pour ça», avoue le commerçant déterminé à se faire vacciner pour se mettre à l'abri.

Mamy Diop est venue prendre sa deuxième dose de Sinopharm. Assise sous un arbre, elle discute avec sa voisine. La trentenaire s'est levée aux aurores pour s'acquitter de ce qu'elle considère comme un «acte responsable» pour tout citoyen. «C'est la seule solution pour se prémunir contre la maladie de la Covid-19 », affirme-t-elle catégorique.

Masser Kane est étudiant à la Faculté des Sciences économiques et de gestion. Le jeune homme de 24 ans a atterri ici après un tour rapide au centre de santé Philippe Maguilène Senghor. « Là-bas, ils ont arrêté la liste de vaccination pour aujourd'hui. J'ai dû me tourner vers ce centre de santé des Parcelles assainies», déclare-t-il. Le sieur a décidé de se faire vacciner afin de se protéger contre le nouveau variant. «Les chiffres sont terrifiants. C'est aussi une matière de montrer l'exemple en tant qu'étudiant et de prendre mes responsabilités », souligne-t-il. Il opte pour le vaccin « Johnson and Johnson » pour une raison toute simple : « j'ai plus confiance en ce vaccin ».

FARMA DIAWARA, INFIRMIÈRE MAJOR AU CENTRE DE SANTÉ MAME ABDOU AZIZ DABAKH DES PARCELLES ASSAINIES

« Nous recevons de plus en plus de jeunes pour la vaccination »

Farma Diawara, Infirmière major au centre de santé Mame Abdou Aziz Dabakh des Parcelles assainies est chargée de superviser le processus de vaccination. La dame en blouse blanche fait la navette entre la salle de vaccination et son bureau. Elle informe que le centre de santé dispose des doses de vaccin Sinopharm et de « Johnson and Johnson ». Elle n'hésite donc pas à se retrousser les manches pour satisfaire la demande. «J'ai vacciné dix personnes pour aujourd'hui », avoue-t-elle, l'air dépassé. Le masque bien ajusté aussi, la jeune femme a dû mal à cacher la fatigue qui se lit sur son visage. «Nous sommes débordés. Nous accueillons beaucoup plus de monde, particulièrement des jeunes», confie-t-elle. Farma Diawara affirme que le centre de santé reçoit plus de 300 personnes par jour. « Le téléphone ne cesse de sonner et les listes sont déjà pleines », dit-elle en nous montrant des feuilles remplies à ras bord. Malgré ce rush, l'infirmière major se réjouit de cet élan et est persuadée que la vaccination reste le moyen le plus sûr pour lutter contre la Covid-19.

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