Mali: Attaque au couteau - Flou autour de la mort du suspect

26 Juillet 2021

Au Mali, la mort de l'auteur de l'attaque au couteau contre Assimi Goïta survient moins d'une semaine après son arrestation et soulève des questions.

"Au cours des investigations, son état de santé s'est dégradé". C'est ce que l'on peut lire sur le communiqué du gouvernement malien, diffusé hier soir sur la télévision nationale.

Le communiqué précise que le présumé coupable a été admis à l'hôpital Gabriel Touré avant d'être transféré au CHU du Point G où il est décédé.

Pas d'identité, pas de cause de décès. La personne accusée de tentative d'assassinat sur la personne du président de la transition, Assimi Goïta, reste anonyme. Un nom en particulier commençait à tourner sur les réseaux sociaux sans que nous ayons pu le confirmer.

Si une autopsie "a été ordonnée" par le gouvernement, qui doit d'ailleurs être rendue publique, cette déclaration soulève de nombreuses questions.

Conditions de détention et décés suspects

A commencer par les raisons du décès, bien sûr, mais également les conditions de détention du suspect, comme s'interroge Aguibou Bouaré, président de la Commission nationale des droits de l'Homme, la CNDH.

"Qui est ce suspect ? Son identité ? Au niveau de quelle unité d'enquête était-il gardé ? Est-ce qu'il était dans une maison d'arrêt à Bamako ou ailleurs ? Et dans quelle circonstance est-il décédé ?", interroge M. Bouaré.

Selon le juriste, il s'agit d'une "mort en détention", et toute la lumière doit être faite à travers une enquête:

"Ce qui vient de se passer, on n'a aucune information dessus. On ne sait même pas si la personne était détenue dans un lieu de détention légal. Car nous l'avons toujours dit, la sécurité d'Etat n'est pas un lieu de détention légal."

Plusieurs sources avaient en effet confirmé que la personne appréhendée se trouvait dans les locaux de la sécurité d'Etat pour interrogatoire, avant qu'une enquête du tribunal de la commune II soit diligentée.

Le gouvernement malien a affirmé que l'enquête n'était pour autant pas close car, contrairement à ce qu'avait dit Assimi Goïta quelques heures après l'incident, "il ne s'agissait pas d'un élément isolé", toujours selon le gouvernement.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 110 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X