Madagascar: Projet d'attentat contre Andry Rajoelina - Sareraka et deux Généraux parmi les personnes interpellés

Hier, le Gal Ravalomanana Richard, Secrétaire d'Etat à la Gendarmerie, a déclaré que 11 gendarmes en service étaient auditionnés dans le cadre de cette affaire.

L'arrestation hier de l'artiste Sareraka a fait l'effet d'une bombe. Tôt hier matin, des éléments de la Police nationale ont effectué une descente au domicile d'Yvon Randriazanakolona. Comme ce fut le cas une semaine plus tôt lors de l'arrestation de Paul Rafanoharana à Ambohitrarahaba, une perquisition a également été effectuée au domicile de Sareraka. Son ordinateur, ses téléphones, ainsi que des documents ont été saisis, selon une source proche de l'enquête. Connu comme étant un proche collaborateur du président Andry Rajoelina, cet artiste de renom est donc le premier acteur politique à avoir été auditionné dans le cadre de cette affaire. Il convient de noter que Sareraka travaille auprès de la présidence de la République en tant que chargé de mission. D'après les informations, après son arrestation, il a été amené dans une résidence de la Police nationale à Ivato où il a été auditionné pendant la journée d'hier.

11 gendarmes. En tout cas, l'enquête avance à grande vitesse. Hier, le Général Richard Ravalomanana, Secrétaire d'Etat à la Gendarmerie a fait savoir que 11 éléments de la Gendarmerie, encore en service, ont été auditionnés par les enquêteurs dans le cadre de cette affaire. Pour l'heure, le SEG a signé 11 autorisations de poursuite. D'après les informations, deux Généraux dont un militaire et un gendarme sont impliqués dans cette affaire. Les deux Officiers Généraux auraient été en contact permanent avec Paul Rafanoharana, le présumé cerveau du projet d'attentat contre le président Andry Rajoelina depuis plusieurs mois. Le premier responsable du Groupe de Sécurité et d'Interventions Spéciales (GSIS) figure également parmi les gendarmes auditionnés. En effet, d'après les informations qui ont circulé durant la journée d'hier, quatre éléments spécialisés du GSIS ont également été interpellés. Il reste à savoir si ce sont les quatre gendarmes du GSIS qui ont été mis à la disposition et qui travaillent étroitement avec l'ancien Officier français Philippe Marc François depuis déjà un an. En tout cas, il s'agit de savoir pourquoi un opérateur étranger peut bénéficier d'un tel traitement de faveur.

« Grande muette ». Si le Secrétaire d'Etat à la Gendarmerie, le Général Richard Ravalomanana joue la carte de la transparence en affirmant que 11 gendarmes sont concernés par cette affaire, du côté de l'Armée Malagasy, on choisit de rester en « Grande muette ». Aucune information officielle n'a été révélée en ce qui concerne leur identité, encore moins à propos du nombre des militaires impliqués. Une source proche du dossier a simplement laissé entendre que le nom d'un responsable des armements au niveau de l'Armée a été cité durant les enquêtes mais pour le moment, il serait impossible de l'auditionner faute d'autorisation de poursuite émanant du ministère de la Défense Nationale. Ici, le conditionnel est de rigueur. Si la véracité de cette information est confirmée, l'on pourrait croire que ce responsable bénéficie d'une protection en haut lieu. Un corporatisme malsain qui risquerait de porter préjudice au bon déroulement de l'enquête.

Groupes de discussions. Hier, le Secrétaire d'Etat à la Gendarmerie a fait savoir que mis à part les militaires et les gendarmes, des politiciens, des opérateurs économiques et des simples citoyens sont également cités dans cette affaire. A cette allure, les arrestations, les auditions et les perquisitions vont donc se poursuivre dans les jours qui viennent. Le Général Richard Ravalomanana a fait savoir qu'outre les échanges de mails et les appels téléphoniques, des preuves par des groupes de discussions ont également été interceptées. Des preuves accablantes qui pourraient être fatales pour plusieurs personnes. Une source proche du dossier a également révélé que le nom d'un homme d'Église connu et reconnu comme étant proche de Paul Rafanoharana est cité à plusieurs reprises dans le cadre de l'enquête. Ce leader d'Église aurait eu des réunions presque toutes les semaines avec le présumé cerveau du projet d'attentat contre le chef de l'Etat. Par ailleurs, ils auraient également été aperçus lors d'un déjeuner avec un membre de la Chancellerie étrangère. La question est donc de savoir si les enquêteurs oseront convoquer cet homme d'Église pour audition.

Demande de financement. Plusieurs questions se posent en tout cas au lendemain du point de presse organisé par la Direction générale de l'entreprise Madagascar Oil. Pourquoi cette société n'a pas contacté les autorités à la suite des courriels venant de Paul Rafanoharana vu la gravité de son projet ? Si Madagascar Oil affirme qu'il n'a pas donné suite à la demande de financement du projet Apollo 21, comment expliquer donc la provenance de la somme d'un milliard d'Ariary saisie au domicile de Paul Rafanoharana ? Est-ce que ce dernier a réussi à trouver d'autres financements ? Est-ce que ce sont des personnes, des entreprises ou des groupes ? Qui sont-ils ? Dans les échanges de mails qui ont fuité, Paul Rafanoharana affirme avoir contacté « des donateurs locaux de toutes sortes, dont des groupes d'indo-pakistanais, qui seraient prêts à contribuer à cet effort de guerre ». Qui sont-ils ? Est-ce que tous les éventuels complices ont tous été interpellés ? La menace contre le président Andry Rajoelina est-elle réellement levée ? Les simples observateurs attendent d'obtenir des éléments d'éclaircissements à propos de toutes ces questions.

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