Cameroun: « La prévention, la sensibilisation doivent accompagner la sanction »

interview

Peter Mafany Musonge, président de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme.

Monsieur le président, comment réagissez-vous à la flambée de discours de haine enregistrée depuis quelques jours ?

La Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme partage la consternation et l'indignation de l'immense majorité des Camerounais aux lendemains des attaques, offenses et outrages faites en direction du président de la République et sa distinguée épouse. Elle condamne sans réserve la désacralisation de l'institution présidentielle.

La Commission regrette par ailleurs l'instrumentalisation de ces discours de haine aux relents identitaires, aux antipodes de la paix, de l'unité nationale et de la cohésion sociale. Elle déplore en outre la généralisation hâtive à des communautés et des régions toutes entières, des actes posés par certains individus non représentatifs, encore moins significatifs. La Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme salue enfin la clairvoyance du chef de l'Etat qui est resté durant ces événements dans sa posture républicaine de président de tous les Camerounais.

Qu'est-ce qu'il faut faire au niveau de votre Commission pour mettre un terme à ces dérapages ?

Pour y mettre un terme, la prévention, la sensibilisation et l'éducation doivent s'accompagner de la sanction en application des dispositions pertinentes de l'arsenal juridique prévu à cet effet dans notre pays.

Où en est-on avec la promesse de contact entre votre institution avec les administrateurs des réseaux sociaux ?

S'agissant de cet engagement, les concertations avec les administrateurs des réseaux sociaux sont en cours pour une gestion appropriée de ces phénomènes.

Avec la nouvelle campagne nationale contre le discours de haine et la xénophobie, prévoyez-vous l'étendre à l'extérieur en rencontrant la diaspora camerounaise ?

La diaspora camerounaise fait partie intégrante de la nation camerounaise. Une frange a fortement contribué à l'exacerbation du discours de haine et la xénophobie. Sa rencontre dans le cadre de la campagne nationale en cours est une nécessité et participe de nos perspectives.

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