Cote d'Ivoire: Rencontre Ouattara/Gbagbo - Vers la «paix des braves»?

Une embrassade pour les photographes, quelques pas main dans la main et une conférence de presse tout sourire : les retrouvailles entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, plus de dix ans après leur dernière rencontre et la crise post-électorale qui a ensanglanté la Côte d'Ivoire a été pour le moins cordiale. Les deux hommes ont relevé le défi de la symbolique.

C'est la « paix des braves » que mettent en avant ce mercredi matin plusieurs journaux ivoiriens, la fin des « palabres », qui laissent place à « l'espoir », la « réconciliation ». Dès l'arrivée au palais présidentiel, le ton a été donné par Alassane Ouattara : « Je suis content de te voir », a dit le chef de l'État à son prédécesseur avant de l'enlacer et de lui prendre la main.

Pendant une heure, les échanges, devant leurs délégations puis en privé, ont été cordiaux, fraternels ont-ils assuré. Même chose devant la presse pour des déclarations accompagnées de sourires, de tutoiements, de gestes... Ils ont mis en avant la nécessité de la réconciliation, de la confiance rétablie, promis que d'autres rendez-vous suivraient, avec des participants supplémentaires. On pense en premier lieu à Henri Konan Bedié.

Une liste de 110 noms

Au-delà de la symbolique, une revendication concrète a été portée par Laurent Gbagbo, comme attendu : celle de la libération des prisonniers considérés comme « politiques » par l'opposition, une centaine de personnes. « J'aimerais que le président fasse tout ce qu'il peut pour les libérer. J'ai insisté sur cela. À part ça, on a parlé de la Côte d'Ivoire qui doit aller de l'avant ! », a déclaré l'ancien président.

Concernant, ces prisonniers, un cadre du FPI-GOR contacté a confirmé l'authenticité d'une liste publiée ce mercredi matin 28 juillet par le journal Le Temps. Une liste de prisonniers remise hier à la présidence et sur laquelle on trouve 110 noms. Les 29 plus anciens sont en prison depuis la crise post-électorale et n'ont pas bénéficié de l'amnistie présidentielle d'août 2018. Les autres sont des personnes arrêtées en 2019 lors de tensions politiques dans le pays, ou lors de la contestation du troisième mandat d'Alassane Ouattara en octobre 2020.

On y trouve aussi Souleymane Kamaraté Koné, dit « Soul to Soul », le bras droit de Guillaume Soro, récemment condamné à vingt ans de prison. Il y a enfin six personnes arrêtées le 17 juin dernier en marge du retour au pays de Laurent Gbagbo.

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