Libye: Destination Brazzaville

Autour de la crise libyenne, vieille de dix ans, la communauté internationale est mobilisée pour y trouver une issue négociée.

Dès le départ, la voix de l'Afrique était moyennement entendue, y compris en Libye même du fait, entre autres, des interférences des puissances extérieures animées toutes par la volonté de faire prévaloir leurs propres intérêts. Aujourd'hui, les acteurs libyens se rendent compte qu'une solution à ce conflit peut venir des institutions panafricaines s'ils les associent pleinement au processus des négociations.

Dans ce contexte, en relation avec la mission qui leur a été confiée dans le cadre du Comité de haut niveau de l'Union africaine sur la Libye, les autorités congolaises remplissent un rôle qui devient déterminant. Non seulement Brazzaville a pris le dossier libyen à bras-le-corps et croit en son aboutissement, mais toutes les initiatives concourant à une fin heureuse de ce chaos qui n'a que trop duré ont besoin d'être accompagnées pour produire leur effet.

Le 27 juillet, Mohamed El-Menfi, qui dirige le comité présidentiel de Libye a exprimé sa satisfaction d'avoir abordé avec son hôte, le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou N'Guesso, les questions essentielles sur lesquelles les parties libyennes devront se pencher avant la convocation des élections générales au mois de décembre prochain. Comme les autres protagonistes de la crise, il est aussi convaincu que seule la réconciliation nationale est en mesure d'assurer à la Libye un avenir radieux.

Ce discours d'apaisement, le guide spirituel de la communauté ibadite l'avait tenu lors de son passage à Brazzaville au mois de juin dernier. Cheikh Farah Jaâbiri insistait alors pour qu'une solution africaine soit trouvée à ce conflit d'autant plus, soutenait-il, que c'est bien le continent africain qui payait un lourd tribut aux désordres en cours dans la vaste région sahélo-saharienne. Il est certain que plus cette situation s'éternise, plus les conséquences qui en découlent frapperont, comme c'est bien déjà le cas, au-delà de l'Afrique.

Au regard de ce qui précède, le moment est peut-être venu pour que la disponibilité dont Brazzaville, mandatée par l'Union africaine fait preuve, reçoive l'appui des Nations unies et de l'Union européenne. Chacun sait que si elles mettent la pression qu'il faut, ces instances politiques et diplomatiques à la notoriété reconnue sont capables d'infléchir la position des puissances extérieures présentes sur le sol libyen par divers canaux. Ne disons pas que leurs rivalités sont un sésame pour les mercenaires de tous poils qui prospèrent en Libye.

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