Guinée Equatoriale: Le fils du président définitivement condamné pour « bien mal acquis » en France

29 Juillet 2021

La Cour de cassation française a rejeté, ce mercredi 28 juillet 2021, le recours déposé par Teodorin Obiang. Le fils du président équato-guinéen contestait sa condamnation en France pour détournement de fonds publics dans son pays.

Sa défense estimait que la justice française n'avait pas à se prononcer sur des délits commis à l'étranger, mais la Cour en a décidé autrement.

Agé de 52 ans, Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorin Obiang, chargé notamment de la Défense et de la Sécurité de son pays, est connu pour son goût du luxe et ses vacances somptueuses. La justice française a estimé à 150 millions d'euros les sommes blanchies en France. Teodorin Obiang s'est notamment constitué un parc automobile évalué à 5,7 millions d'euros, composé entre autres de « trois Bugatti, une Rolls-Royce et deux Maserati ». Parmi les biens saisis lors de l'enquête judiciaire, figure « un luxueux immeuble situé à l'avenue Foch » et estimé à 107 millions d'euros, « dans l'un des quartiers les plus huppés de Paris ».

Pour mémoire, le fils du président équato-guinéen, reconnu coupable une première fois en 2017 pour « blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics et d'abus de confiance » entre 1997 et 2011, avait été condamné en appel à Paris le 10 février 2020 à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d'euros d'amende et la confiscation de tous ses biens saisis lors de l'enquête. Son avocat, Me Emmanuel Marsigny, avait annoncé dès le lendemain former un pourvoi en cassation.

La Guinée équatoriale pourrait devenir le premier pays à bénéficier du nouveau mécanisme de restitution des avoirs des « biens mal acquis ». Ce dispositif, adopté par le Parlement français le 20 juin dernier, permettra selon la France, de rendre aux populations les « recettes provenant des biens confisqués aux personnes définitivement condamnées pour blanchiment, recel, etc. ».

Dans le cas précis de Teodorin Obiang, à en croire les autorités françaises, son patrimoine estimé à 150 millions d'euros va être vendu aux enchères et l'argent récolté, utilisé pour des actions de développement en Guinée équatoriale. Il existe cependant un dernier recours possible pour le fils Obiang Nguema, celui de saisir la Cour européenne des droits de l'homme.

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