Burkina Faso: Leadership féminin - Les parlementaires veulent être plus influentes

Si elles sont des modèles du fait de leur accession à l'Assemblée nationale, les femmes parlementaires de la 8e législature entendent bien le demeurer pour davantage inspirer les générations à venir et surtout encourager les jeunes filles à oser. C'est dans cette optique qu'elles se sont réunies pour mieux s'outiller sur la question du leadership féminin. La formation se tient au cours d'un atelier de 72 heures organisé par l'hémicycle avec l'appui technique et financier du programme commun d'appui à l'Assemblée nationale. L'ouverture de l'activité a eu lieu à Loumbila le mercredi 28 juillet 2021.

C'est sur les berges du barrage de Loumbila qu'une douzaine de parlementaires se sont retrouvées pour partager entre elles leurs différentes expériences mais aussi et surtout mieux s'outiller sur les questions de leadership féminin. Pour la coordonnatrice du caucus genre et femmes parlementaires, Rokya Rouamba, chaque femme est une leader dans la mesure où elle a bataillé pour accéder à l'hémicycle. Cependant, la question est de savoir maintenant comment forger le modèle que nous sommes pour les générations à venir.

De ce fait, l'objectif est d'inciter les députés à partager leur vécu entre elles pour développer davantage le courage, l'audace et le sacrifice de soi. Par ailleurs, le leadership féminin ne doit pas s'apprécier, selon elle, uniquement à l'aune de la représentativité des femmes en politique mais il doit aussi être perçu dans tous les secteurs de la société. C'est pourquoi il faut, d'après elle, encourager les jeunes filles à embrasser les filières scientifiques et technologiques en vue de renverser la tendance.

C'est un peu le sens de cet atelier qui, selon elle, va permettre d'allier les questions liées au genre et celles spécifiques aux femmes afin d'agir dans une synergie d'actions pour plus d'efficacité et d'efficience. En tant que bénéficiaire de la formation, Reine Sakandé, élue nationale, a expliqué que cela va apporter une plus-value.

Mais « il nous revient de faire en sorte que le leadership que nous exerçons soit profitable à toutes celles qui sont derrière nous et à toutes celles qui souhaitent s'engager dans la politique », a-t-elle reconnu. Cela, d'autant plus que, ajoutera-t-elle, « le milieu politique n'est pas du tout aisé. Donc une femme qui arrive à ce niveau de responsabilité mérite d'être accompagnée et encouragée ».

Si la députée reconnaît toutefois une certaine expérience dans la sphère politique de sa part par rapport à celles qui viennent d'arriver et qui ont besoin de se hisser à un certain niveau de responsabilité pour se parfaire, cela n'est pas suffisant pour elle. Car, dira-t-elle, « quelle que soit la connaissance qu'on a, on ne finit jamais d'apprendre ». Pour cela, cette activité vient à point nommé.

En sa qualité de vice-présidente de l'Assemblée nationale et de patronne de la cérémonie d'ouverture, la parlementaire Désirée Marie Chantal Boni/ Nignan a soutenu que la pertinence de cette formation en leadership féminin n'est plus à démontrer. Pour elle, si dans le gouvernement le quota de 30% est une réalité, des efforts restent cependant à faire au niveau de l'Assemblée.

Et c'est tout l'intérêt de cet atelier de 72heures, qui « est une façon de nous outiller dans l'apprentissage des méthodes de communication pour affirmer le leadership des femmes ». Car « celles qui sont hors de l'hémicycle nous voient comme des modèles, nous avons donc intérêt à le demeurer », a conclu la députée. C'est ce à quoi entend s'atteler la coach Mariam Inna avec les 12 élues qui prendront part à ladite formation.

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