Congo-Brazzaville: Disparition - Le patriarche Joseph Nzoutani conduit à sa dernière demeure

Le sixième vassal et conseiller du roi Makoko a été conduit à sa dernière demeure, le 27 juillet dernier au village Dieu le veut, à 98 kilomètres de Brazzaville nord, après neuf jours de momification traditionnelle de son corps. La cérémonie funèbre s'est déroulée en présence des conseillers du chef de l'État.

Né vers 1948 à Nzaon, district de Mayama, département du Pool, Joseph Nzoutani, chef du village Dieu le veut en même temps conseiller du roi téké, était fils de feu Ngomo et de feue Pauline Tsontsi tous deux paysans. Il a tiré sa révérence le 18 juillet dernier au village Dieu le veut à l'âge de 73 ans, des suites d'une longue et pénible maladie, nonobstant les multiples soins médicaux dont il a bénéficié au Maroc, a indiqué le chef de zone continentale numéro 1, représentant du sous-préfet, Mpayoukoulou Nguié Koulimaaya.

Après avoir passé son enfance au village Nzaon jusqu'à l'âge scolaire, Joseph Nzoutani, qui n'a pu obtenir son Certificat d'études primaires et élémentaires, décide d'abdiquer à ses études pour se lancer dans les activités agricoles. En 1995, il est recruté comme manœuvre au Palais des congrès à Brazzaville, mais après la mort de son père, il a résolu de sacrifier son travail au profit des pouvoirs administratifs et ancestraux. C'est ainsi que dès son arrivée au village Dieu le veut, il a hérité des fonctions de chef de village et conseiller au sein de la Cour royale Téké en 2005, poste qu'il a occupé jusqu'à sa mort.

De 2005 jusqu'à sa mort, Joseph Nzoutani a vécu au village Dieu le veut où il ne pratiquait que de l'agriculture et de l'élevage des cochons. Il fut un terrien patriotique, car il avait construit une école avec ses propres moyens. Voilà un héritage qu'il laisse à la nation congolaise. Sur le plan politique, Joseph Nzoutani était membre du Parti congolais du travail, militant exemplaire et grand éducateur.

Marié, Joseph Nzoutani a laissé trois veuves et onze enfants dont huit filles et trois garçons puis plusieurs successibles collatéraux. Il convient de souligner que cette disparition tragique constitue pour toute la famille, l'administration, notamment le sous-préfet ainsi que les chefs des différents comités de village du district de Ngabé, un vide immense qui plonge ces derniers dans une tristesse incommensurable et mémorable.

Neveu de Joseph Nzoutani, Anges Pongault avoue lui aussi que par la mort de ce patriarche, c'est toute une bibliothèque qui a brûlé. " Le royaume Téké a été frappé deux fois : par la mort du roi Makoko à Mbé et celle du conseiller du roi" .

Pour Princia Nzoutani, la fille de l'illustre disparu, ces funérailles sont un moment de joie. « Aujourd'hui est un jour de joie pour nous, car notre papa Joseph Nzoutani nous avait dit de son vivant que le jour où il mourrait que personne ne s'attriste. »

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