Afrique: Présidence de la Céni - Les confessions religieuses appelées au consensus

Le président de l'Assemblée nationale, Christophe Mboso, leur a accordé un moratoire de quarante-huit heures pour transmettre les dossiers complets de leurs délégués à la chambre basse du Parlement.

Le président de l'Assemble nationale (AN), Christophe Mboso, a eu, le 28 juillet, un entretien, tour à tour, avec les deux groupes de confessions religieuses dont les points de vue divergent sur la désignation du candidat président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Il y a, d'un côté, les Eglises catholique et protestante et de l'autre le groupe de six confessions religieuses.

Jouant au conciliateur et au sapeur-pompier, le président de la chambre basse du Parlement a demandé, selon des sources proches de son bureau, à ces deux groupes « d'aller s'entendre ». Christophe Mboso, qui aurait déjà posé des bases pour cette entente entre les deux groupes de confessions religieuses, leur a accordé un délai supplémentaire de quarante heures en vue de lui transmettre les dossiers complets de leurs délégués à la tête de la centrale électorale. « À l'issue des concertations, un délai supplémentaire de 48 heures leur a été accordé aux fins de transmettre les dossiers complets de leurs candidats à l'entérinement par l'Assemblée nationale. Ce délai expire ce vendredi 30 juillet 2021 à minuit », lit-on dans un communiqué du cabinet de Christophe Mboso, indiquant le président de la chambre basse du Parlement avait reçu les responsables des confessions religieuses pour chercher de régler le différend qui les oppose sur le choix du président de la Céni.

Il est, en effet, rappelé que les violons ne s'accordent pas entre confessions religieuses appelées à pourvoir à la direction de la centrale électorale. Six d'entre elles ont annoncé, le 27 juillet, avoir désigné le candidat de leur plateforme à la Présidence de cette institution alors que cette désignation s'est faite en l'absence de l'Eglise catholique et de l'Eglise du Christ au Congo. Ces deux dernières, qui se sont retirées des travaux, ont fait remarquer que la séance de mardi était suspendue et que les travaux devraient reprendre le lendemain.

Alors que le procès-verbal de désignation de futur président de la Céni devait être déposé à l'Assemblée nationale le 28 juillet, les deux confessions religieuses boudeuses avaient affirmé que ce choix ne les engageait pas. Faute du consensus entre les confessions religieuses autour d'un seul candidat, celles-ci ont alors sollicité l'arbitrage du président de l'Assemblée nationale.

A la sortie de l'audience, l'évêque général et représentant légal de l'Église de réveil du Congo, Israël Dodo Kamba, accompagné des représentants des autres confessions religieuses, a appelé les catholiques et protestants à revenir à la table des négociations afin de trouver un consensus dans ce choix du futur président de la Céni. Peu avant cette rencontre avec le groupe de six confessions religieuses, Christophe Mboso a échangé avec la délégation conjointe Église catholique et Église protestante.

Il est noté que six confessions religieuses ont trouvé le consensus sur le nom du futur président de la Céni. Elles ont choisi un technicien, ancien de la centrale électorale, Denis Kadima. Mais les catholiques et les protestants, qui se sont retirés des travaux, émettent des doutes sur le nom de ce candidat pressenti successeur de Corneille Naanga qu'ils trouvent très proche de l'actuel chef de l'État, Félix Tshisekedi, qui est de la même province que la personne choisie.

Ronsard Malonda, Denis Kadima : blanc bonnet, bonnet blanc ?

Cette crise, note l'opinion, rappelle le rôle de sentinelle que joue la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) qui, depuis la deuxième République sous le maréchal Mobutu, lance des alertes et interpelle les dirigeants sur la vie de la Nation.

Dans le cadre de l'organisation des élections, souligne-t-on, la Cénco, dans ce rôle de sentinelle, a contesté l'abbé Malumalu, un prêtre catholique, en 2006 jusqu'en 2013. Elle a réfuté Ngoyi Mulunda, un pasteur protestant de la Nouvelle église méthodiste. Les évêques catholiques ont également désavoué Corneille Naanga, sorti de la société civile et Ronsard Malonda. Pour Kadima, la Cénco à laquelle s'ajoute l'Eglise protestante émet des réserves. Le bras de fer entre les deux groupes de confessions religieuses ainsi qu'entre les Eglises catholique et protestante contre le pouvoir en place est-il engagé ? C'est la question qui reste posée.

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