Maroc: L'équipe nationale d'athlétisme entre en lice. ZouhairTalbi exclu

Porteuse des derniers espoirs marocains de médailles lors de cette 32ème édition des JO, l'équipe nationale d'athlétisme nous plonge déjà dans le désespoir, avant même que ses athlètes ne foulent la piste du stade olympique de Tokyo.

La faute à Zouhair Talbi. Le spécialiste des épreuves de demi-fond (5000m) et de fond (10.000), a été rattrapé par la patrouille, après avoir échoué à "satisfaire aux standards des contrôles antidopage hors compétition", a précisé, jeudi, l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU).

Talbi n'est pas un cas isolé. Il fait partie d'une liste de vingt athlètes, tous issus de pays regardés depuis quelques années du coin de l'œil par les instances olympiques. La raison ? Ils sont classés dans la "catégorie A", considérée comme "à haut risque". Dans les faits, cette classification impose aux compétiteurs représentant ces pays de se soumettre à trois tests dans les dix mois précédant une grande compétition, qui plus est quand il s'agit de l'événement planétaire que sont les Jeux olympiques. Deux hypothèses sont plausibles : soit la Fédération Royale marocaine d'athlétisme n'a pas satisfait le quota de tests imposés, soit il s'agit de "no shows". Ce terme, désignant l'absence d'un athlète lors d'un contrôle antidopage inopiné, ainsi que la non communication de sa nouvelle localisation, aurait donc été fatal au Marocain de 26 ans qui réside à Oklahoma City, aux Etats-Unis.

Cela dit, il ne faut pas céder aux conclusions hâtives. Cette sanction n'est en aucun cas une preuve de dopage. Mais c'est la stricte application du règlement. Règlement drastiquement renforcé depuis que le Comité international olympique (CIO) a décidé pour la première fois de l'histoire des JO de déléguer ses obligations antidopage à une organisation indépendante, à savoir l'Agence de contrôle internationale (ACI). Son patron, David Howman, ne se réjouit pas pour autant de cette situation. Loin s'en faut. "Si les pays à risque ont réalisé des améliorations significatives dans la lutte antidopage, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir", a-t-il regretté.

Des regrets partagés de ce côté-ci de la Méditerranée par une population marocaine qui n'en finit plus d'essuyer déception sur déception, depuis le coup d'envoi de ces Jeux olympiques particuliers à plus d'un titre. On ne serait pas contre un peu de lumière dans ce sombre océan de désespoir. Une lueur qui pourrait émaner du kayakiste Mathis Soudi, qualifié pour les demi-finales du canoë slalom, programmées vendredi matin (6h GMT+1). D'autres Marocains seront en lice un peu plus tôt, notamment en athlétisme. Mais on ne se risquerait pas de parier sur des exploits de Tindouft Mohamed, en 3000 m steeple (1ère série à 1h30), Ben Zahra Abdelkrim (2ème série à 1h47), contrairement à Soufiane El Bakkali.

Tous les yeux seront rivés sur la course du natif de Fès. Certes des petits yeux, sa série commençant assez tard (2h04), mais des yeux emplis d'enthousiasme. Ce sera moins le cas au moment où Arafi Rababe s'élancera pour décrocher une qualification en 800m (2h57). Mais tous, attendus ou pas, ont le droit de rêver. Et nous aussi.

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