Tchad: Nouvel appel à marcher au Tchad

La société civile dans la rue ce jeudi 29 juillet pour dénoncer la transition
29 Juillet 2021

Wakit Tama réussira-t-il à faire entendre raison aux bidasses ?

Initialement prévue pour le 14 juillet dernier puis reportée au 16 juillet 2021, c'est finalement, hier, 29 juillet 2021, qu'a eu lieu la marche de la coalition Wakit Tama qui regroupe des associations de la société civile et des partis politiques de l'opposition au Tchad. Elle entendait protester contre les risques de confiscation du pouvoir par l'armée. Cet appel à marcher de l'opposition fait suite certainement à la dernière sortie de Deby fils dans les colonnes du magazine Jeune Afrique. L'homme, en effet, est resté assez flou sur la question de son éventuelle candidature à la présidentielle à venir, laissant lire entre les lignes sa volonté de succéder à son père.

Pour l'opposition tchadienne dont la soif d'alternance date de très longtemps, ce jeu de clair-obscur du président de la transition tchadienne, est un casus belli qui suffit à remettre en ordre de bataille, la rue à N'Djamena. Et, il faut le dire, elle est bien dans son rôle. Il reste cependant à savoir si elle dispose de la capacité d'étouffer le poussin dans l'œuf. Rien n'est moins sûr. Car, non seulement, l'opposition tchadienne s'est, petit à petit, vidée de sa substance en fonction de la variation des intérêts, mais aussi elle est confrontée à l'adoubement de fait de Deby fils par les partenaires stratégiques du Tchad en raison de la donne sécuritaire. En témoigne le récent accueil qui lui a été réservé par Emmanuel Macron au palais de l'Elysée.

Il faut absolument gagner le pari des manifs pacifiques pour gagner en crédibilité et en maturité politique

Cela dit, on ne pouvait que douter de la force de mobilisation de la coalition Wakit Tama, surtout que de nombreux Tchadiens pensent qu'il faut laisser à la Transition, le temps de travailler pour préparer les échéances électorales qui doivent consacrer le retour à une vie démocratique normale. En tout cas, aussi grand que soit le défi à relever par les leaders de la contestation au Tchad, ils doivent persévérer et trouver des solutions alternatives pour empêcher la dévolution dynastique du pouvoir qui se trame à N'Djamena.

Car, comme on aime à le dire, ce sont les petits ruisseaux qui finissent par former les grands fleuves et l'on peut espérer qu'à force de persévérance, les Tchadiens, dans leur grande majorité, se rallieront à cette cause pour arracher le pouvoir des griffes de la famille Deby qui régente le pays depuis plus de trois décennies. Du reste, cette opposition peut se féliciter déjà de pouvoir troubler le sommeil du président de la Transition qui sait qu'il n'a pas les mains libres pour manœuvrer à sa guise. L'appel à manifester d'hier est d'ailleurs un coup de semonce que le maître de N'Djamena se doit de considérer à sa juste valeur.

Ceci étant, il peut déjà se féliciter que pour une fois, une manif de l'opposition se soit déroulée dans le calme. Contrairement aux précédentes qui, même autorisées, ont été réprimées dans le sang. Il faut absolument gagner le pari des manifs pacifiques pour gagner en crédibilité et en maturité politique.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 110 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X