Burkina Faso: Présidence de la CENI - Roch met la main dans le cambouis

Présidence de la CENI

Le Sao Naaba retiré de la course

Le Sao Naaba, à l'état civil Bonaventure Dimsongdo Ouédraogo, ne sera pas candidat à la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). L'annonce a été faite par le chef de file de l'opposition politique, Eddie Komboïgo, le jeudi 29 juillet 2021, qui récusait ce chef coutumier, lui reprochant d'avoir battu campagne pour le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) aux élections passées.

C'est finalement à Kosyam que le bras de fer qui opposait depuis quelques jours l'opposition politique au ministre de l'Administration territoriale, Clément Sawadogo, prendra fin. Si le premier camp récuse le chef coutumier, le Sao Naaba pour son impartialité, l'autre partie demande de s'en tenir au Code électoral, qui dit que chaque camp désigne son représentant.

Rencontrés dans la matinée du 29 juillet dernier, le chef de l'Etat a annoncé au représentant de l'Alliance des partis et formations de la majorité présidentielle (APMP), Simon Compaoré, et au Chef de file de l'opposition politique, (CFOP) Eddie Komboïgo, que le « bonnet rouge » ne sera pas président de la CENI. C'est le compromis qui a été trouvé au sommet de l'Etat avec les chefs coutumiers, à qui la présidence devait revenir, selon une règle non écrite. « Nous nous en tenons au consensus entre le chef de l'Etat et la chefferie coutumière. Le CFOP n'est pas là pour bloquer les institutions. Nous sommes là pour travailler à l'enracinement de la démocratie dans la vérité », a affirmé Eddie lors du point de presse au siège du CFOP, avant de faire cette précision : « La démarche du CFOP, ce n'était pas de renier à la chefferie coutumière le droit de diriger la CENI. Le fait d'empêcher le commissaire de la chefferie coutumière, le Sao Naaba, de candidater pourrait amener certains à penser que nous ne voulons pas que la chefferie coutumière prenne la tête de la CENI. Ce n'est pas le cas ; nous avons demandé simplement qu'on change le Sao Naaba. »

L'organe dirigeant de la CENI est composé de 5 commissaires de la majorité, 5 de l'opposition et 5 autres de la société civile. Le président de cette institution sera choisi, selon le patron du CFOP, parmi les quatre commissaires de la société civile. «C'est ce qui nous a été dit. Après analyse, nous avons donné notre accord», a-t-il confié.

Concernant d'autres questions abordées, sans donner de détails, le président du CDP a affirmé que le chef de l'Etat a assuré qu'il prendrait des dispositions d'ici septembre pour que la CENI soit «ce qu'ils veulent».

Akodia Ezékiel Ada

Encadré :

Roch met la main dans le cambouis

A l'issue de la rencontre avec le Chef de file de l'opposition politique (CFOP) et le représentant de l'Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a fait la déclaration dont teneur suit.

« J'ai demandé ce matin à rencontrer le Chef de file de l'opposition politique (CFOP) et le président de la l'Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) afin de leur faire une communication dans le sens de trouver une solution apaisée à la question du renouvellement de la CENI.

En effet, en tant que président du Faso, je n'avais pas de raison de m'impliquer dans la résolution de cette question. Mais au regard du rôle de la CENI dans le renforcement de la démocratie dans notre pays, j'ai pris la responsabilité de demander à rencontrer sa Majesté le Mogho Naaba Baongo pour échanger avec lui sur cette question, afin qu'ensemble nous puissions trouver une solution apaisée à la situation qui prévaut.

C'est ainsi que j'ai demandé à sa Majesté de bien vouloir accepter que le représentant de la chefferie coutumière ne soit pas candidat à la présidence de la CENI. Je voudrais à cette occasion le remercier très sincèrement de sa compréhension, qui a permis que nous puissions aboutir à cette conclusion.

Il me paraissait tout à fait normal que j'en informe les représentants des partis politiques, de manière à ce que nous fassions tous en sorte de sauver l'essentiel.

Pour le reste, nous avons convenu, majorité et opposition, de tout faire pour qu'en septembre nous puissions résoudre l'ensemble des questions relatives à la CENI afin d'y apporter la confiance et la sérénité qui doivent permettre un fonctionnement efficace de cette institution.

Je voudrais tout simplement dire qu'aujourd'hui l'ensemble des commissaires devront prêter serment. Comme vous le savez, lors de la première prestation, le chef de file de l'opposition politique n'avait pas fait participer les membres de l'opposition politique à cette prestation pour les raisons que vous savez. J'ai demandé de faire cet effort pour que nous puissions aujourd'hui procéder à la prestation de serment de tous les membres afin que cet après-midi puisse se dérouler l'élection du nouveau président de la CENI qui sera choisi parmi les autres composantes de la société civile.

Voilà ce que je voulais très sommairement déclarer parce qu'il était important que je donne cette information et que l'on comprenne bien que nous avons tous compris la nécessité de pouvoir faire en sorte que la CENI joue son rôle dans l'organisation des élections dans notre pays. »

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