Burkina Faso: Présidence de la CENI - Les 15 commissaires prêtent enfin serment

Un «léger retard» qui vaut 1h 45 minutes. C'est ce qui a été donné à voir le 29 juillet 2021 dans la salle d'audience du Conseil constitutionnel où s'est tenue la cérémonie solennelle de prestation de serment des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Une longue période d'attente qui a laissé planer l'ombre du boycott de l'opposition politique ; elle qui dès le départ a récusé le Sao Naaba, Bonaventure Dimsongdo Ouédraogo à l'état civil, jugé très proche du parti au pouvoir même s'il y siègera au compte de la chefferie coutumière. Mais finalement les 15 commissaires étaient bel et bien là et ont juré main droite levée.

C'est à croire que les nuages qui s'étaient amoncelés sur la structure en charge de l'organisation des élections au Burkina sont en train de se dissiper peu à peu. Mais avant que le ciel ne soit dégagé pour faire place à la cérémonie solennelle de prestation de serment des 15 membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le scénario du 19 juillet dernier était à redouter.

En effet, ce jour, le dossier qui n'était pas en l'état avait été renvoyé sine die, neuf des quinze commissaires ayant répondu présent. Hier, on a pianoté les téléphones Android, on s'est lassé de papoter, on a même fermé les yeux un instant pour rattraper quelques minutes de sommeil avant que les grands juges apparaissent. C'est finalement sur le coup de 11h 45 que résonnera, « Le Conseil constitutionnel » mettant tout le monde debout pour accueillir les dix membres de cette institution compétente en matière constitutionnelle et électorale. « Je ne vous ai pas ordonné de vous rassoir et vous vous asseyez, mais asseyez-vous donc », a dit le président Kassoum Kambou face à une assistance qui était suffisamment paumée, mais cela a eu l'avantage de la décrisper.

Les mots du maître des céans qui ont suivi sont des excuses. « Je voudrais d'abord présenter mes excuses et celles du Conseil pour le retard accusé parce qu'il y a des commissaires qui étaient aussi en retard. Donc, nous n'avons pas voulu faire prêter serment deux fois. Nous avons préféré attendre pour le faire une bonne fois pour toutes », a-t-il relevé tout en prenant le soin de mentionner que ce n'est pas dans les habitudes de la juridiction d'avoir du retard à l'allumage.

Le voici ensuite intimant l'ordre à l'huissier de faire entrer les commissaires avant d'instruire au greffier en chef de procéder à la lecture des textes pertinents fondant la tenue de l'audience. Il sera tour à tour lu l'ordonnance ayant fixé la date de l'audience solennelle, la correspondance portant prestation de serment des nouveaux commissaires, le décret de nomination, l'article 32 du Code électoral traitant du serment en question, et les CV des élus.

Au terme de cette lecture dont le but du jeu était surtout de connaître ceux et celles qui siègeront dans l'administration électorale, c'est Yamba Malick Sawadogo qui s'est avancé au niveau du lutrin, la main droite levée pour réciter l'article ci-après : « Je jure d'exercer mes fonctions en toute intégrité, objectivité et probité en m'abstenant de tout comportement susceptible de nuire à la totale transparence dans l'organisation, la supervision des opérations électorales et référendaires et en accomplissant conformément à la loi avec loyauté, honneur et patriotisme les tâches liées à mes fonctions ».

C'est ce qu'ont également fait les 14 autres commissaires (voir encadré). Le juge Kassoum Kambou ayant pris acte des prestations de serment a renvoyé les impétrants à l'exercice de leur fonction non sans leur avoir prodigué quelques conseils. « Par cet acte que vous venez d'accomplir, vous vous engagez à cesser d'être partisans, à vous départir de vos convictions et d'intérêts politiques personnels pour vous mettre résolument au service de l'intérêt général à travers l'organisation et la supervision des opérations électorales et référendaires. Sans insister sur la valeur de votre serment, je voudrais que vous ayez toujours à l'esprit que ce serment vous lie désormais pendant votre mandat de 5 ans et sa violation vous expose à des sanctions », a signifié le président des « Sages ». Il les a félicités pour avoir eu la confiance de leurs mandants respectifs (majorité, opposition, société civile) avant de les exhorter à mériter celle du peuple.

Le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, Clément P. Sawadago qui espérait que cette crise soit passagère s'est réjoui de ce que tous les acteurs aient contribué à sa résolution : « Ainsi se construisent les grandes nations ; on ne pas éviter qu'à un moment ou l'autre il y ait des difficultés. Mais chacun fait appel à sa sagesse, à son sens de l'acceptation pour faire la paix des braves. Félicitations aux nouveaux commissaires et bon vent à cette institution ». Ce goulot d'étranglement étant levé, il ne reste plus que l'élection du président et des vice-présidents de l'institution.

Encadré :

Les 15 commissaires

- Yamba Malick Sawadogo, comptable ;

- Mamata Tiendrébeogo, administrateur parlementaire ;

- Palguim Sambaré, commissaire de police à la retraite ;

- Aboubacar Diallo, comptable à la retraite ;

- Ousmane Ouédraogo, inspecteur de l'enseignement primaire et de l'éducation non formelle ;

- Réliwendé Aboubacar Savadogo, instituteur ;

- Roudsanwa Oumar Ouédraogo, gestionnaire ;

- Tasseré Savadogo, gestionnaire ;

- Karfa Sora, gestionnaire ;

- Issa Balima, juriste ;

- Elysée Ouédraogo, magistrat ;

- Adama Kafando, magistrat ;

- Augustin Bado, pasteur ;

- Bonaventure Ouédraogo, administrateur civil à la retraite ;

- Abdoul Tassembédo, Commerçant.

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