Cameroun: Tous au front !

opinion

Indubitablement, les deux récentes attaques de deux postes militaires dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun par des hordes de terroristes de la secte Boko Haram lourdement armés et à bord de plusieurs véhicules tactiques légers, sont une indication claire de la résurgence du groupe islamiste basé au Nord-Est du Nigeria voisin.

Ces offensives ont lieu à la suitede la division en plusieurs factions rivales de Boko Haram dès 2016. Les assauts dont le Cameroun vient d'être victime sont-ils le fait de la faction restée fidèle à Abubakar Shekau, chef sanguinaire de Boko Haram mort en mai 2021, ou est-ce l'œuvre de la branche de Bakoura soumise à Shekau mais qui fait de la résistance au Nord du Lac Tchad depuis son décès, ou, enfin, est-ce plutôt la preuve de la montée en puissance de la filiale de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ?

Les analystes soutiennent, au regard des développements dans la région du Lac Tchad, que c'est la dernière hypothèse qui serai tplausible. Car en effet, après avoir contraint Shekau à se suicider(selon la thèse admise), l'Iswap né de la scission de Boko Haram il y a cinq ans et qui est dirigé par Abu Musab Al-Barnawi, l'un des fils du fondateur de Boko Haram, passe pour être désormaisle groupe jihadiste dominant dans le Nord-Est du Nigeria. Même les coups les plus durs portés ces derniers temps contre l'armée nigériane le sont par l'Iswap.

Celui-ci récupère progressivement les combattants et les territoires jadis contrôlés par Boko Haram sous l'ère Shekau, et se sent suffisamment fort pour se projeter au-delà de sa base en vue de créer son grand califat. En tout état de cause, que les derniers assauts portent l'estampille del'Iswap ou de certains commandants restés attachés à l'idéologie de feu Shekau, la situation actuelle impose une réorganisation stratégique et tactique des pays limitrophes du Nigeria qui sont exposés à la menace de plus en plus inquiétante, après quelques années d'accalmie suite à la riposte des armées na-tionales et des forces coalisées.Que doit faire le Cameroun dans ces conditions ?

La nouvelle donne exige une remobilisation des forces vives de la Nation en général et de celles de la région de l'Extrême-Nord en particulier afin de vaincre l'ennemi qui reprend du poil de la bête.Dans ce combat, comme c'est le cas depuis le début des attaques de Boko Haram en 2014, il est évident que nos Forces de défense restent en première ligne. Mais, elles ont besoin du soutien et de la collaboration des Comités de vigilance dont l'expérience est avérée.

Ceux-ci ont pris l'habitude de veiller aux différentes entrées des localités frontalières exposées aux attaques pour alerter dès qu'une incursion commence. Il faut donc les motiver et les équiper à nouveau en petits matériels dont ils ont besoin pour être plus efficaces. En outre, les réseaux du renseignement prévisionnel que doivent fournir les populations locales à l'armée doivent être réactivés.

Bref, la synergie armée-nation a là encore une autre occasion de se manifester. Nul doute que ces actions et bien d'autres seront évoquées pendant la visite de travail qu'effectue depuis hier à Maroua, chef-lieu de la région de l'Extrême-Nord, le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, sur très hautes instructions du chef de l'Etat, chef des forces armées.

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