Madagascar: Tentative d'attentat - Monseigneur Odon Razanakolona auditionné

Des enquêteurs se sont entretenus avec l'archevêque d'Antananarivo, hier. Il s'agit d'une audition dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'assassinat du Chef de l'État.

Trois heures. Telle est la durée de l' audition de monseigneur Odon Razanakolona, archevêque d'Antananarivo, hier. Cité dans l'affaire des tentatives d'attentat contre des personnalités étatiques, notamment, le président de la République, le prélat a été entendu par les enquêteurs à l'archevêché à Andohalo.

Le général Richard Ravalomanana, secrétaire d'État à la gendarmerie nationale, l'a souligné devant la presse, mardi. «Tous ceux qui sont cités dans cette affaire seront entendus». C'est Berthine Razafiarivony, procureure générale de la Cour d'appel d'Antananarivo, chargée de piloter l'enquête qui a conduit l'équipe d'enquêteurs qui s'est rendue à l'archevêché, à Andohalo.

Arrivée sur place à 9 heures 30 minutes, l'équipe d'enquêteurs est sortie du bureau de l'archevêque d'Antananarivo aux alentours de midi. Comme l'a reconnu à demimot l'avocate de monseigneur Razanakolona, l'audition a porté sur l'affaire de tentative d'assassinat du Chef de l'État. Il est probable que les enquêteurs aient souhaité éclaircir certains points et avoir sa version des faits, notamment, sur ses liens éventuels avec l'un des principaux mis en cause.

Paul Rafanoharana, l'un des deux présumés cerveaux des tentatives d'attentat que la police nationale affirme avoir déjoué avec une série d'arrestations, le 20 juillet, aurait cité «à plusieurs reprises», l'archevêque d'Antananarivo dans sa déposition. L'étiquette de «conseiller», de monseigneur Razanakolona est un argument qu'il aurait souvent mis en avant, pour faciliter son accès à certains cercles.

Geste d'apaisement

Dans une déclaration, le 22 juillet, l'archevêque d'Antananarivo a, cependant, officiellement et publiquement désavoué Paul Rafanoharana. «Tous ceux qui sont cités dans le dossier ne sont pas forcément coupables de quelque chose», a tempéré le général Ravalomanana, mardi. Étant donnée la gravité de l'affaire, les enquêteurs ne peuvent, toutefois, rien laisser au hasard. C'est la raison pour laquelle ils ont décidé d'auditionner tous ceux qui auraient été cités dans les dépositions des personnes mises en causes, ou encore, qui auraient été en contact avec eux.

Eu égard de son statut, les enquêteurs ont fait le déplacement à l'archevêché pour l'audition de monseigneur Razanakolona. En fin d'après-midi, hier, les membres du bureau de Conférence des évêques de Madagascar (CEM), ont rencontré Andry Rajoelina, président de la République, au palais d'État d'Iavoloha.

Conduite par le cardinal Désiré Tsarahazana, officiellement, la délégation allait faire un rapport au Chef de l'État sur la réunion extraordinaire, il y a quelques semaines, de la CEM. Seulement, cette rencontre n'a pas été fortuite et l'affaire de la tentative d'assassinat du Président a été en toile de fond. Les indiscrétions confient que le cardinal aurait été «chargé par le Vatican d'apporter un message de réconfort et d'encouragement de la part du Pape François».

Dans une brève déclaration à l'issue du rendez-vous, le cardinal Tsarahazana a condamné la tentative d'assassinat du Président. Il a aussi souligné que «l'Église catholique ne fait pas de la politique et ne participe pas à la quête de poste politique. Elle ne soutient pas, non plus, aucun candidat».

À l'issue de la rencontre avec le bureau de la CEM, par ailleurs, Andry Rajoelina s'est exprimé pour la première fois sur cette affaire de tentative assassinat dont-il est la cible principale. «Nous nous opposons à toute forme de violence. Ce n'est pas par la violence que nous réglerons les problèmes de ce pays», a-t-il soutenu.

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