Sénégal: Les arbitres Fatou Binetou Sène et Mame Coumba Sène rendent hommage aux pionnières

Mindelo (Cap-Vert) — Les arbitres Fatou Binetou Sène et Mame Coumba Sène présentes au tournoi de qualification en Ligue africaine féminine des champions de Mindelo (24 au 30 juillet) ont salué le courage des pionnières de l'arbitrage qui leur ont ouvert la voie.

"Nous n'avons pas de mots pour les remercier de nous avoir ouvert la voie, aujourd'hui, c'est encore difficile pour une femme de percer et imaginer c'était comment dans le passé", s'est d'abord interrogé Mame Coumba Sène, jeune arbitre internationale.

"Je dis merci et bravo aux devancières Fadouma (Dia) et les Fatou Gaye qui sont encore présentes avec nous pour nous former et nous accompagner", a ajouté la jeune arbitre qui a débuté sa carrière en jouant au football avant de virer dans l'arbitrage grâce aux conseils de son père.

La native de Saint-Louis (nord), Fatou Binetou Sène, a abondé

dans le même sens, indiquant "avoir trouvé du positif dans l'arbitrage".

"Si c'est positif pour nous, c'est que derrière, les anciennes ont accepté de payer un lourd tribut et de faire face", a fait part l'enseignante qui sert à Ross Béthio (nord) et qui a débuté l'arbitrage à l'âge de 17 ans.

"C'était tout juste pour relever un défi, j'ai vu une femme siffler et j'ai dit à mes amies que je réussirais la même chose, je ne suis

jamais sortie finalement de l'arbitrage", a-t-elle expliqué, précisant avoir bénéficié du soutien et de l'accompagnement de son enseignant en éducation physique de l'époque qui est aussi arbitre.

Mame Coumba Faye née dans une famille de sportifs, un

père footballeur et une mère athlète, a été encouragée par celui qui est devenu son mari.

"Il n'a ménagé aucun effort pour que je sois à ce niveau alors que certains voyaient plutôt en moi une future mannequin", a-t-elle dit dans un éclat de rires, soulignant que le tournoi de Mindelo va l'aider à faire son ancrage dans le football international.

Saluant la tenue de cette nouvelle compétition, Fadouma Dia qui a appris le football dans la rue avec des garçons, confirme que la situation était plus difficile.

"Mais il ne manquait pas d'hommes pour vous soutenir et vous accompagner", a rappelé la native de Tambacounda (est) qui est devenue arbitre internationale en 2005.

"Et je dis bravo et merci à tous ceux ayant cru en moi", a dit la nouvelle instructrice qui en même temps poursuit des études de droit international.

Fadouma Dia qui se réjouit du lancement de nouvelles compétitions sur le continent, invite les femmes sénégalaises à s'intéresser davantage au sport en général et au football en particulier parce que "c'est un moyen de promotion sociale".

L'enseignante Fatou Binetou Sène ne dit pas le contraire en affirmant que l'arbitrage l'aide à garder le sang-froid en tout temps et en tous lieux.

"C'est très important en salles de classe avec les élèves", a relevé celle qui estime que son futur mari sera quelqu'un qui doit l'accompagner dans son métier d'arbitre où elle veut atteindre le très haut niveau. "Comme Fadouma Dia et Fatou Gaye qui sont là avec nous", a-t-elle insisté.

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