Sénégal: Situation grave de la pandémie de Covid-19 au Sénégal - Ousmane Sonko crache ses vérités

31 Juillet 2021

La responsabilité du président Macky Sall dans la situation actuelle de la pandémie au Sénégal, est grande, au regard de sa mauvaise politique de gestion de la crise. C'est du moins l'avis du leader de Pastef Les Patriotes qui, lors d'un point de presse organisé hier, vendredi 30 juillet, a contesté la place de leader en Afrique dont se targue le gouvernement en matière de gestion de la Covid-19. Ousmane Sonko s'est, par ailleurs, posé beaucoup de questions sur les vaccins, non sans proposer des pistes de solution, sans oublier de lancer un appel en direction des populations.

Pendant près d'une heure et trente minutes hier, vendredi 30 juillet, le patron de Pastef Les Patriotes s'est défoulé en langue Wolof sur la gestion de la pandémie, qu'il qualifie «d'échec», par le régime du président Macky Sall.

Tout d'abord, Ousmane Sonko rejette en bloc l'autoglorification à laquelle se livre le gouvernement, qui se targue d'être le premier en Afrique et le deuxième dans le monde, en matière de bonne gestion de la pandémie Covid-19.

En réalité, le député opposant au régime en place informe que cette assertion a été faite par un journal américain qui aurait écrit que «Macky Sall et son gouvernement peuvent être classés comme les deuxièmes mondial et les premiers en Afrique dans la gestion de la pandémie».

Suffisant, selon lui, pour que le gouvernement de Macky Sall se saisisse de cette information pour ameuter le monde entier, alors que les statistiques actuelles montrent «qu'ils sont les derniers sur tous les plans». Pour ce faire, il brandit des preuves de ses allégations tout en mettant au défi le ministère de la Santé en cas de contestation des chiffres «officiels» qui sont issus, selon lui, des statistiques mondiales, mais aussi de ceux par pays et par zone.

Concernant la zone de la Cedeao qui compte 15 pays, Ousmane Sonko informe que sur le taux de test par rapport à la population par pays, au 18 juillet 2021, le Sénégal est huitième sur les 15 pays avec un taux des tests rapporté à la population de 3,54%. Concernant le taux de cas positifs par rapport aux tests réalisés, le pays se classe deuxième, avec un taux de 8,56% au moment la moyenne de la Cedeao se situe à 6,44%.

Poursuivant sur le taux de cas positifs par rapport à la population, il dira que le Sénégal est rangé à la troisième place, avec un taux de 0,30% sur une moyenne de 0,32% au niveau de la Cedeao. Concernant le taux de décès par rapport aux cas positifs, il indique que le pays se situe à la 5ième place sur les 15 pays, avec notamment un taux de 2,34%, là où la moyenne est de 1,31%. Suffisant pour l'ancien inspecteur des Impôts et Domaines, radié de la fonction publique, pour dire que «ce qu'ils (le gouvernement) disent aux Sénégalais n'existe pas».

Faisant par ailleurs la comparaison, à la date du 24 juillet 2021, du taux de létalité du Covid-19 entre les 3 vagues, notamment 308 décès lors de la première de 7 mois, 796 morts durant la deuxième qui s'est étalée sur 8 mois, et enfin l'actuelle troisième vague, pour une durée 4 mois avec 164 pertes en vies humaines, Ousmane Sonko en conclut que même si la situation est «grave», le variant Delta plus contagieux a tué moins que lors des deux précédentes vagues.

SONKO ENGAGE L'ENTIERE RESPONSABILITE DE MACKY DANS CETTE TROISIEME VAGUE

Contrairement à ceux qui pensent qu'il faudrait se partager les responsabilités concernant la flambée de la pandémie dans le pays en cette troisième vague, Ousmane Sonko croit fermement que «la responsabilité de Macky Sall est grande». Cela, poursuit-il, dans la mesure où c'est sa «gestion politique» de la crise qui le prouve. Pour étayer son propos, il rappelle que tout au début, tout le monde a été mobilisé pour faire face à cette pandémie, avec des slogans de «guerre».

Malheureusement, s'en désole-t-il, le chef de l'Etat a été le premier à organiser des manifestations au mois de mai, en dépit du bulletin d'information qui lui était parvenu, faisant état de l'existence au Sénégal du variant Delta, plus contagieux.

Pour justifier la responsabilité du chef de l'Etat qu'il engage au premier rang, le candidat sorti troisième à la présidentielle de 2019, déplore le fait que sur les 1000 milliards de FCFA mobilisés pour lutter contre la pandémie, que 112 milliards seulement soient injectés dans la santé.

Pis, enfonce-t-il le clou, sur cette manne financière accordée à la santé, le pays n'a pu acquérir que 59 lits de réanimation. Une situation qu'il déplore, estimant qu'il fallait accorder plus à la Santé, au lieu de le mettre ailleurs. Qui plus est, «au moment où il (Macky Sall) demande aux Sénégalais de se serrer les reins, il met 60 milliards pour acheter un avion, alors qu'il pouvait avoir 2.000 lits de réanimation», se désole le leader de Pastef Les Patriotes. Il n'a pas manqué d'accuser le chef de l'Etat de s'être payé un bateau de plaisance pour un montant qui varie entre 3 et 6 milliards selon les indiscrétions. Cela, au moment où il tend la main pour des vaccins, ou encore pour l'annulation de la dette. «Tout ceci montre que le Covid19 ne l'intéresse pas», en a-t-il conclu, estimant ainsi que le régime n'est plus à mesure de lever aucun prêt ou encore que «Macky Sall a perdu toute légitimité pour parler de la pandémie. D'ailleurs, personne ne l'écoute».

OUSMANE SONKO LEGITIME LES INTERROGATIONS DES SENEGALAIS SUR LES VACCINS

Sur un tout autre registre, notamment les vaccins, le leader de Pastef Les Patriotes pense qu'il y a lieu de poser le débat comme partout ailleurs, même s'il précise d'emblée qu'il n'est pas «contre la vaccination» et qu'il ne croit pas au «complot». Cela, d'autant plus que la science a fait des progrès et qu'il était normal que la médecine en fasse aussi. Il estime tout de même normal que les Sénégalais se posent des questions sur cette vaccination. En ce qui le concerne, il informe avoir demandé à des techniciens de la santé sur la durée d'efficacité du vaccin, sans obtenir une réponse claire et rassurante. Autre inquiétude, les vaccinés contre le Covid-19 peuvent bel et bien chopper le virus. Pour couronner le tout, il se demande si les vaccins disponibles sont efficaces contre les nouveaux variants, tel que Delta, d'autant plus que certains pays ont arrêté certains vaccins à cause de leur manque d'efficacité contre certains variants. Relevant, par ailleurs le manque de vaccins dans le pays, Ousmane Sonko invite les autorités à ne pas imposer aux populations la vaccination, mais plutôt de privilégier les couches les plus vulnérables. Autant de questionnements qui lui feront dire «qu'ils (le gouvernement) doivent donner des réponses claires sur ces questions».

LES SOLUTIONS DE SONKO POUR SORTIR DE CETTE CRISE

Au-delà des critiques et autres attaques portées contre le régime en place et sa gestion de la crise sanitaire, le député Ousmane Sonko a fait une série de propositions pour venir à bout de cette pandémie dans le pays. Il estime, tout d'abord, que le confinement n'est pas la solution à cause de l'exiguïté dans les maisons qui peuvent constituer de clusters pour le virus, mais aussi, au vu de la pauvreté qui sévit dans le pays.

Estimant que le Sénégal a atteint le plafond de sa dette, avec le dernier Eurobond, et qu'il n'est plus à mesure de lever des fonds, Ousmane Sonko propose que les institutions qui ne sont «d'aucune utilité», à savoir le Conseil économique, social et environnemental (Cese), le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), ou encore le Conseil national du dialogue des territoires, entre autres, soient supprimées. Les budgets de ces institutions «budgétivores» pourraient, à son avis, servir à acheter les lits de réanimation. Il a aussi fait des suggestions pour une réorganisation au sein des hôpitaux. Il propose à cet effet que tout ce qui n'est pas urgent en termes de chirurgie et d'hospitalisation programmée, soit suspendu pour affecter les lits de réanimation aux cas graves de Covid-19.

Mieux, il pense que les salles de réveil peuvent être mises à la disposition des cas cités ci-dessus, mais aussi qu'il faut un approvisionnement suffisant en oxygène, sans oublier la formation des infirmiers pour la prise en charge des cas simples, potentiels cas graves s'ils ne sont pas bien traités. Dans la même dynamique, le «Chef de l'opposition» pense qu'il faut développer le plus vite les tests rapides de Covid-19, tout en effectuant des tests automatiquement sur les morts suspects, afin d'éviter la propagation du virus lors des obsèques de ceux-ci.

Pour la protection de l'environnement, il est pour la mise en place d'un système de collecte et de recyclage des masques, dans la mesure où ils mettent 400 ans pour se dégrader. Ousmane Sonko n'a pas manqué enfin d'appeler les populations au respect des mesures barrières, telles que la distanciation, le port du masque, le lavage des mains, et d'éviter les rassemblements inutiles. Il a, à ce propos, informé avoir suspendu sa tournée nationale, dénommée «Nemekou Tour», jusqu'à nouvel ordre.

JEAN MICHEL DIATTA

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