Tunisie: À visage découvert

1 Août 2021

Ceux qui s'opposent à la décision du Président de la République d'activer l'article 80 de la Constitution et aux mesures qui s'ensuivent, considérant que l'acte courageux du Chef de l'État qui fait suite à une revendication populaire datant de plusieurs mois et dont les dernières manifestations contre le pouvoir en place et contre l'oligarchie politique qui a fait saigner aux quatre veines le pays n'est qu'un « odieux coup d'État, n'ont pas hésité à inciter les forces armées à la sédition et le peuple à la désobéissance civile.

Eux qui se pavanent sur les plateaux télé enfreignant la loi et transgressant la Constitution par ce genre d'appels veulent jouer aux victimes devant l'opinion internationale dans un ultime sursaut pour restaurer une confiance qu'ils ont trahie.

Et voilà maintenant qu'ils font appel, sans rougir et à visage découvert, à des pays étrangers pour leur prêter main-forte afin de « rétablir la démocratie » et permettre aux institutions législatives de reprendre leurs activités. La plus grande illustration de ces actions subversives fut l'interview accordée par Rached Ghannouchi au journal italien Corriere Della Sera dans laquelle il prévient que si l'Italie n'intervient pas pour faire pression sur le Président de la République, « l'impact sera désastreux sur la Libye et l'Algérie et que des dizaines de milliers de migrants irréguliers envahiront l'Italie et l'Europe ».

Au fait, ce cri de détresse a été lancé par Ghannouchi après avoir désespéré du soutien populaire de la rue tunisienne qui a rebuté définitivement l'islam politique après avoir vécu plus de dix ans sous le joug des nahdhaouis qui ont tout détruit : santé, économie et finances, et après avoir constaté que le temple de Montplaisir, fief des islamistes, n'est qu'un géant aux pieds d'argile qui a commencé à se fissurer et s'écrouler, comme en témoignent les démissions en cascade de plusieurs de ses dirigeants et les pétitions de contestation internes qui circulent parmi ses jeunes sympathisants.

Une image peu glorieuse et une fin humiliante pour le dernier représentant de l'islam politique et de la confrérie des Frères musulmans dans le monde qui cherche maintenant à se sauver du pays sous prétexte de soins à l'étranger, selon les informations véhiculées par le journaliste Akram Khouzam, en faisant intercéder l'Émir du Qatar auprès du Chef de l'État. La vérité est que l'étau se resserre autour de Ghannouchi et ses deuxièmes couteaux qui sont impliqués dans des affaires liées au terrorisme et aux assassinats politiques, surtout après la mise en résidence surveillée de l'ancien juge et procureur de la République Béchir Akremi qui pourrait à tout moment vider son sac et révéler les noms des personnes influentes qui l'ont chargé de faire main basse sur plus de six mille affaires de terrorisme où plusieurs noms de dirigeants nahdhaouis apparaissent souvent avec des preuves irréfutables selon le Comité de défense des deux martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

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