Maroc: Le Maroc utilise la carte migratoire pour faire chanter des pays européens

Une pirogue avec à bord des candidats à l emigration

Paris — Les autorités marocaines utilisent la carte de la migration clandestine pour exercer des pressions et faire chanter des pays européens qui refusent de s'aligner sur la décision unilatérale de Donald Trump sur la prétendue souveraineté de Rabat sur le Sahara occidental, a rapporté le Magazine français Marianne.

"Pour faire évoluer la position de l'Union européenne sur le Sahara occidental, Rabat a ouvert deux fronts de crise avec Madrid et avec Berlin", a souligné vendredi le Magazine dans un dossier intitulé "Le royaume chérifien mis à nu".

Marianne a rappelé que "voici deux mois, ils étaient plus de 8000, souvent très jeunes, à se jeter à l'eau depuis le littoral de la petite bourgade marocaine de Fnideq, dans l'extrême nord du royaume, pour contourner à la nage et au péril de leur vie les brise-lames de Ceuta, principale enclave espagnole en terre nord-africaine".

"Les images ont fait la une des médias occidentaux, dont celle, terrible, d'un agent de la Garde civile espagnole sauvant un nourrisson de la noyade. Or cette poussée de fièvre migratoire sur le flanc sud de l'Europe a été orchestrée par le Maroc, faisant sursauter Bruxelles", note le Magazine.

Pour rappel, le gouvernement espagnol avait accusé le Maroc d'"agression" et de "chantage" après l'arrivée de ces migrants à Ceuta, dont un grand nombre d'enfants.

"En mars, le royaume a également ouvert les hostilités sur un autre front, cette fois-ci avec l'Allemagne, usant de la même stratégie du choc pour remettre à plat ses relations avec Berlin", rappelle également le magazine.

A cet égard, le média français relève que, "la réaction allemande à la déclaration de Donald Trump reconnaissant la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental avait en effet douché la diplomatie marocaine", Berlin estimant que la nouvelle position de Washington, "contraire à la légalité internationale", n'était pas de nature à favoriser le processus politique discuté sous les auspices des Nations unies.

Toujours en ce qui concerne la brouille diplomatique entre Rabat et Berlin, Marianne a rappelé l'épisode récent du drapeau de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) hissé au Parlement du Land de Brême, a poussé à la rupture lorsque "la diplomatie marocaine a annoncé le gel de ses relations et l'arrêt de tous ses programmes de coopération avec l'Allemagne, pourtant septième partenaire commercial du royaume".

Le Cannabis, une vieille arme de déstabilisation massive

Le Magazine Marianne est, en outre, revenu sur la culture du Cannabis au Maroc qu'il a qualifié de "vielle arme de déstabilisation massive", soulignant que la marchandise du Royaume chérifien qui reste le premier producteur, s'écoule en France et en Europe.

Faisant savoir que cette culture fait vivre environ 1 million de personnes dans la région du Rif, Marianne relève que près de 50 000 ha y sont consacrés. Le magazine cite notamment un rapport du département d'Etat américain repris par le Monde en mars 2017 rappelle que, "la production de cannabis au Maroc équivalait à 23% du produit intérieur brut marocain (PIB), qui s'est élevé, en 2016, à 100 milliards de dollars (93 milliards d'euros)".

"Au bout de la chaîne, ce trafic made in Marocco n'est évidemment pas sans conséquences. Notamment dans un pays comme la France, où les guerres entre trafiquants ont fait des dizaines de morts dans les cités au cours des vingt dernières années. Une faiblesse dont l'Etat marocain joue avec une maestria perverse", déplore Marianne.

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