Madagascar: Remaniement - Vers un gouvernement à consonance politique

Bien que le contexte soit compliqué, la recomposition du gouvernement est toujours dans les têtes. Un épisode qui marquera un tournant dans le mandat du président de la République.

Politique. Ce mot pourrait être le fil conducteur de la future composition du gouvernement. La conjoncture fait que les têtes sont ailleurs, seulement, la suite de la politique et la conduite des affaires nationales sont toujours d'actualité.

Andry Rajoelina, président de la République, entre dans la deuxième moitié de son mandat. Autant du côté de sa famille politique, que chez les observateurs, c'est le momentum pour donner un nouveau souffle à la conduite des affaires étatiques par une recomposition du gouvernement. Si certains veulent un changement de l'équipe, les informations indiquent qu'il devrait s'agir d'un remaniement. Aussi, Christian Ntsay, Premier ministre, aurait des chances de rempiler, sauf revirement.

S'agissant des ministres, ce sera une toute autre chose. "Il est probable que seule une poignée des ministres actuels, soit maintenue au sein du gouvernement", confie une source proche du dossier. Selon ses dires, cette fois-ci, l'Exécutif devrait avoir un visage nettement plus politique. Une tendance confirmée par d'autres sources proches des tenants du pouvoir. Une option réclamée par les militants et les élus Oranges, également, et particulièrement, les députés au sein de la coalition "Isika rehetra miaraka amin'i Andry Rajoelina" (IRD).

Une recomposition du gouvernement n'est plus qu'une question de temps. Elle est imposée par deux enjeux. Il y a la concrétisation des "Velirano", du président de la République, mais aussi, la prochaine élection présidentielle qu'il faudra prendre en compte. Ayant principalement en tête la mobilisation des troupes pour la prochaine joute électorale, des voix et des visages de l'IRD souhaitent que "les combattants", soient placés en frontline en étant nommés ministres.

Politico-technique

Le gouvernement actuel est résolument technique. Un appel à candidature "aux cerveaux", a même été lancé tous azimuts en vue de la composition de l'équipe. Seulement, les relations entre certains ministres et les hauts parleurs politiques du camp présidentiel se sont considérablement détériorées ces derniers mois. Une tension qui s'est révélée au grand jour durant le face-à-face entre les députés et le gouvernement, durant la dernière session ordinaire du Parlement.

Christine Razanamahasoa, présidente de l'Assemblée nationale, insiste pour que son institution soit plus représentée au sein du gouvernement. L'idée est de s'assurer que la majorité à la Chambre basse reste unie derrière l'Exécutif. Un remaniement du gouvernement pourrait être une occasion de calmer les humeurs et remobiliser les troupes pour faire corps derrière le Chef de l'État.

Afin de s'arroger des chances de rester au sein du gouvernement, certains ministres semblent vouloir démontrer leur engagement politique. Il y en a qui arborent à outrance la couleur orange. Seulement, la politique ne suffira pas pour affronter les urnes sereinement. La nouvelle équipe gouvernementale devra s'activer pour accélérer la concrétisation des engagements présidentiels, certes. Il y a aussi, les enjeux du quotidien dont le plus visible est la hausse vertigineuse des prix de certains Produits de première nécessité (PPN).

Sur le plateau de la télévision nationale TVM, dimanche, le Premier ministre a souligné que le pouvoir doit mener de front plusieurs dossiers à enjeux majeurs. Il y a la lutte contre la Covid-19, le défi du redressement socio-économique post-crise sanitaire, ou encore, la guerre contre l'insécurité alimentaire dans le Sud. Christian Ntsay a ajouté qu'il y a aussi, le défi du développement.

Si la future équipe gouvernementale devrait être sous le sceau de la politique, il ne devrait pas y avoir une rupture drastique avec la note technique qu'il a voulu mettre en avant depuis le début de son mandat. Un gouvernement avec des ministres à la fois technique et "combattants politiques", pourrait être la formule gagnante. L'évaluation des membres du gouvernement est bouclée. Les consultations des candidats auraient démarré "depuis le mois de mai".

Une question reste sans réponse, jusqu'ici. Quand est ce que le remaniement se fera. La question a été posée au locataire de Mahazoarivo, par le journaliste de la TVM, dimanche. "Soyons patients. La décision appartient au président de la République. Il décidera le moment venu", a répliqué le Premier ministre, en ajoutant qu'il y a d'autres priorités pour le moment. L'affaire de la tentative d'assassinat du Chef de l'État pourrait reléguer encore plus bas la recomposition gouvernementale dans le classement des priorités.

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