Madagascar: Conseillers municipaux Betsinjaka - « Nous faisons appel au ministre de l'Intérieur »

La coupe est pleine pour ces conseillers municipaux de la commune rurale de Betsinjaka, district de Toliara II.

« Nous faisons appel aux hautes instances de ce pays : le ministre de l'Intérieur et de la décentralisation entre autres en tant que premier responsable de l'entité chapeautant les collectivités décentralisées. Nous avons déjà frappé à toutes les portes des autorités locales mais celles ci n'ont pas de réponses claires pour nous. Aussi, nous nous adressons à vous directement Mr le ministre ».

Ce sont les mots des quatre conseillers municipaux parmi les sept qui travaillent pour la commune rurale de Betsinjaka. « Le 8 avril, le conseil d'État a décidé de suspendre le maire Ferdinand Rakoto Arson et l'organisation de nouvelle élection communale pour la commune rurale de Betsinjaka. Onze articles dans cette décision détaillent les anomalies justifiées lors de l'élection communale de 2019. Nous sommes le 28 juillet et rien n'est encore fait. Le maire continue à travailler et l'État n'annonce ni l'organisation de nouvelle élection ni la nomination d'un PDS », décrivent les conseillers municipaux et quelques représentants du personnel de la commune.

Bianco

« Par ailleurs, depuis 2004 où le maire dirige cette commune, celle-ci devient sa propriété privée. Nous ne percevons notre salaire qu'au moment du virement des subventions pour les communes. Je travaille au sein du service de l'État civil et je perçois soixante cinq mille ariary mais je ne suis pas payé par mois, seulement une fois par an » témoigne un membre du personnel.

Cela fait de nombreuses années que le maire ne consulte pas les conseillers municipaux pour des cas importants à délibérer. Pourtant la commune dispose entre autres d'un marché aux zébus et de nombreuses entreprises, des magasins de stockage y sont implantés. Les impôts sur les permis de construction, les panneaux publicitaires et les patentes des cinq mille cyclo-pousses autorisés à circuler dans la commune ne sont pas perçus par la commune. Les ristournes et une bonne partie des impôts synthétiques sont détournées. « Les vignettes des cyclopousses seulement suffisent à assurer le salaire des quarante membres du personnel.

Mais l'argent disparait. Nous enregistrons vingt mille électeurs pour Betsinjaka mais il n'y a pas d'infrastructures dignes de ce nom. Il n'y a pas de redevabilité envers les habitants » poursuivent les interlocuteurs. Le Bianco et l'Inspection générale de l'État ont été saisis et ont constaté les dits détournements et la Justice a sorti un « sous contrôle judiciaire » pour le maire. «Le maire menace le personnel, ceux qui ne sont pas dans son camp. Il continue de détourner des propriétés foncières domaniales. Il nous dit que nous ne pouvons rien contre lui car il est soutenu par un ministre et des hommes et femmes influents en particulier » finissent les conseillers municipaux et représentants du personnel.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X