Ile Maurice: Covid-19 - Le mix vaccinal désormais autorisé à Maurice

La décision du gouvernement d'imposer le vaccin à quatre nouveaux secteurs et de l'ouvrir à la population remet sur le tapis les effets indésirables que peut entraîner la vaccination ou la moindre efficacité de ceux inoculés à Maurice. Face au risque de baisse d'anticorps, le comité de vaccination a validé le «mixing and matching of vaccines».

Avec en ligne de mire, l'objectif de vacciner 62 % de la population d'ici la fin du mois contre un taux actuel de vaccination de 42 %, le Conseil des ministres a décidé, vendredi, d'ouvrir la vaccination à tous ceux éligibles, dès aujourd'hui, lundi 2 août. Il étend, par la même occasion, la vaccination obligatoire aux secteurs portuaire, aéroportuaire, maisons de retraite et prisons. La même contrainte est imposée dans l'Éducation et la Santé depuis le 21 juin, en dépit des contestations du vaccin obligatoire en Cour suprême. Ces deux décisions remettent sur le tapis les motivations mais également les inquiétudes sur les effets indésirables que peuvent entraîner les différents vaccins disponibles à Maurice. Comment rassurer la population non vaccinée, qui se voit contrainte de se faire inoculer sans recours persuasif possible ?

Concernant les retombées de la vaccination sur le niveau d'anticorps développés par les vaccinés, le Dr Philip Lam, membre du comité national de la vaccination, nous apprend que jusqu'à présent, une analyse d'un échantillon des vaccinés des deux doses de Covishield-AstraZeneca a été réalisée. «Comme la vaccination avec le Covishield remonte à janvier, nous avons fait analyser leur taux d'anticorps neutralisants au laboratoire central à Candos. On a pu déterminer que certains, dont des jeunes ont développé des anticorps extraordinaires alors que d'autres comme les immunodéprimés un peu moins. Ce qui est tout à fait normal puisque le taux dépend du système immunitaire de la personne», affirme le spécialiste en médecine interne.

Selon lui, les analyses pour voir si les vaccinés du Covaxin et Sinopharm, entre autres vaccins administrés à Maurice, ont développé des anticorps, n'ont pas encore été réalisées encore mais sont aussi prévues. «On attend un peu. En général, comme pour les études faites à l'étranger, on mesure les anticorps à partir du 14e jour après la deuxième dose. Nous faisons ces analyses car nous voulons savoir comment ça se passe avec les Mauriciens.» Par ailleurs, il souligne que la baisse du taux d'anticorps s'applique à tous les vaccins. «Israël, qui a débuté sa campagne de vaccination en janvier, a déjà constaté cette baisse et a commencé à administrer la booster dose même si les scientifiques qui, comme moi, trouvent qu'il faut cette nouvelle dose, ne l'ont pas validée encore.»

Dans la foulée, le Dr Philip Lam confie que le comité de vaccination a aussi validé le «mixing and matching of vaccines». «Après une petite étude en Europe sur quelques mille personnes qui ont été vaccinées avec du Pfizer plutôt que de l'AstraZeneca, il a été constaté que leur taux d'anticorps est meilleur que ceux inoculés des deux doses d'AstraZeneca notamment.» Le spécialiste cite aussi l'exemple de Bahreïn où, six mois après l'inoculation de sa population avec du Sinopharm, une baisse du taux d'anti corps a été constatée. Ne prenant pas de risque, ce pays arabe a décidé de faire une booster dose. Il avait le choix entre une troisième dose de Sinopharm ou de Pfizer. Le gouvernement de Bahreïn en- courage la seconde option. «Maurice a décidé de mélanger et d'assortir les vaccins. Bien entendu, cela ne peut se faire à la légère. Il faut le faire pour des bonnes raisons et choisir la deuxième dose appropriée. C'est ce qu'on appelle le matching. Les personnes qui ont fait des allergies après une première dose de Covishield-AstraZeneca, on leur administrera du Sinopharm pour leur deuxième dose», soutient Philip Lam.

Plusieurs cas d'allergies au Covishield-AstraZeneca ont été enregistrés à Maurice. Concernant les allergies au Sinopharm, les données, dit-il, ne sont pas encore disponibles puisque la vaccination avec ce pro duit est assez récente. Dans ce même registre, le Dr Lam affirme que dorénavant, une personne allergique à la pénicilline peut faire le vaccin contre le Covid-19. «Auparavant, nous étions prudents et ne voulions pas prendre de risque et la déconseillions. Mais maintenant on dit que si une personne n'a pas d'allergie avec les ingrédients du vaccin, elle peut le faire. Si une personne a une allergie sévère à la pénicilline elle est donc éligible car les vaccins qu'on fait actuellement ne contiennent pas de pénicilline.»

Pour conclure, notre interlocuteur soutient que le mix vaccinal sera davantage encouragé si le pays reçoit du Pfizer, soit le vaccin le plus prometteur jusqu'ici. «On aurait aimé avoir plus de Pfizer que la cargaison que les États Unis nous ont annoncée, mais on attend toujours. Mais nous n'en sommes pas encore là, malgré toutes les tentatives de Maurice de se procurer ce vaccin.»

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