Afrique: Une gestion adéquate et efficace du spectre des réseaux mobiles peut accélérer la transformation digitale en Afrique

2 Août 2021

Lors de la 6ème Sub Sahara Spectrum Management Conference, les acteurs clés de l'industrie des télécommunications en Afrique se sont réunis pour échanger autour des questions d'actualité relatives à la gestion et à la coordination de la politique du spectre dans la région, et notamment de l'avenir de la bande UHF, de la bande C de 3,3-4,2 GHz et de la bande 6 GHz.

La transformation numérique est déjà bien engagée en Afrique subsaharienne. L'adoption et l'utilisation à grande échelle des technologies numériques génère une valeur économique, sociale et culturelle certaine et croissante pour les individus, les entreprises et les gouvernements de la région. L'épidémie de COVID-19 a suscité une prise de conscience de la valeur de la connectivité dans le cadre du développement social et économique, et souligné par là même l'importance de l'économie numérique. "L'épidémie nous a séparé, mais le spectre et le réseau mobile ont construit des ponts", déclare John Omo, secrétaire général de l'UAT, au cours de la conférence.

Bien que l'industrie de la téléphonie mobile en Afrique subsaharienne ait aidé les particuliers et les entreprises à relever de nombreux défis durant la pandémie, près de 800 millions de personnes dans la région ne sont toujours pas connectées à l'internet mobile, et la réduction de la fracture numérique demeure une tâche urgente. Parmi les africains qui ont accès aux services mobiles, moins de 50% sont connectés au réseau 4G. La plupart des marchés de la région sont toujours aux premiers stades du déploiement à grande échelle du marché 4G, lequel doit encore se matérialiser par une adoption généralisée de la 4G.

Par conséquent, contrairement à la plupart des autres régions du monde, l'Afrique subsaharienne doit continuer de miser sur les réseaux 4G pour fournir des services mobiles de haute qualité aux utilisateurs actuels, tout en se préparant à l'avènement de la 5G, en termes de construction de sites et de spectre. Il existe de nombreux exemples heureux de déploiement de réseaux 5G et de gestion adéquate du spectre dans le monde.

Les pays où cette technologie est la plus développée, comme la Chine, la Corée du Sud et l'Arabie saoudite, ont utilisé le spectre de bande moyenne pour la première vague de déploiement de la 5G. La bande moyenne assure à la fois la capacité du réseau et l'expérience utilisateur. Selon de multiples rapports d'Opensignal et d'Ookla, les opérateurs des 10 villes leaders en matière d'expérience 5G utilisent tous près de 100 MHz de bande moyenne, ou même plus.

Ainsi, pour offrir une expérience 5G transgénérationnelle, chaque opérateur a besoin d'au moins 80 à 100 MHz de spectre à mi-bande aux premiers stades de l'ère 5G. Les fréquences préférées pour le déploiement de la 5G sont 3500 MHz, 2600 MHz, 2300 MHz et 4900 MHz. Jusqu'à présent, la bande C (3300-3800 MHz) est la bande la plus utilisée pour la 5G à l'échelle mondiale, et elle est suffisamment large pour que trois ou quatre opérateurs puissent se voir attribuer des paquets
de spectre allant jusqu'à 100MHz.

Il est essentiel que les régulateurs assainissent et organisent ces spectres pour se préparer à une utilisation commerciale de la 5G à l'avenir. Les bandes TDD à 2300MHz (jusqu'à 100MHz) et 2600MHz (190MHz) ,ainsi que les bandes FDD à 700MHz et 800MHz, pourraient également être utilisées pour la 5G en fonction de la situation propre à chaque pays.

En Afrique spécifiquement, la plupart de ces bandes peuvent être utilisées pour déployer la 4G en premier lieu, répondant ainsi à la connectivité de la population actuelle et préparant les futurs déploiements de la 5G. Avec le développement de la 4G et de la 5G dans la région, les réseaux mobiles passent des services vocaux de base aux services centrés sur les données, et les services vocaux sont sur le point de connaître une croissance négative. Par conséquent, les régulateurs devraient envisager de réaffecter les spectres 2G/3G, tels que 900 MHz, 1800 MHz et 2100 MHz, à la 4G ou à la future 5G. Il est possible d'imaginer que la maturité de technologies telles que VoLTE peut garantir simultanément l'expérience vocale et l'expérience des données.

Dans une perspective de développement sur les dix prochaines années, l'évolution de la 5G nécessite d'investir davantage de ressources en bande moyenne pour assurer un équilibre entre la capacité du réseau et l'échelle de couverture. Le rapport de la GSMA indique qu'entre 2025 et
2030, les villes densément peuplées auront besoin d'une moyenne de 2 GHz de spectre en bande moyenne pour fournir des services mobiles haut débit fiables. "500MHz par opérateur sur la bande moyenne sont recommandés afin de répondre à l'augmentation du trafic de données au cours de la prochaine décennie", a déclaré Yeqing Du, Vice president of 5G product line de Huawei.

La bande des 6 GHz peut être utilisée pour compléter le spectre en bande moyenne actuellement disponible pour la 5G. Cette bande est le choix inéluctable pour une capacité et une couverture supplémentaires en vue de répondre aux besoins futurs en matière de données. La bande 6 GHz offrira également des alternatives aux pays qui ont des difficultés à fournir des blocs de fréquences importants et contigus dans les bandes déjà coordonnées pour la 5G.

Selon les déclarations de Baxton Sirewu, directeur des services techniques de POTRAZ, " Les réseaux sans fil fournissent des connexions mobiles à large bande à la majorité des utilisateurs en Afrique. Sur le spectre de 6 GHz ils fourniront dans le futur des connexions mobiles à large bande encore, plus rapides, pour un coût de déploiement abordable en Afrique.

" Le spectre est une ressource publique et les gouvernements devraient être en mesure de collecter les revenus générés par les enchères. Toutefois, le passage de la 3G aux réseaux 4G et 5G nécessitera une augmentation significative de la taille des portefeuilles de spectre des opérateurs mobiles, ce qui entraînera des investissements plus importants, alors que les revenus futurs restent incertains. Il convient donc d'éviter la pénurie artificielle de spectre et les prix de réserve excessifs lors des ventes aux enchères. "Les opérateurs offrent une large gamme de connectivité en Afrique, et la réglementation devrait fournir davantage de spectre à des prix raisonnables, afin qu'il soit encore plus abordable pour les utilisateurs", déclare James Maitai, directeur du réseau de Safaricom.

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