Congo-Kinshasa: Présidence de la CENI - C'est l'impasse !

Israël Dodo Kamba, évêque général de l'Eglise de Réveil du Congo, accompagné des délégués d'autres confession religieuse, exceptés la Cenco et l'ECC, a déposé le vendredi 30 juillet et ce, pour la troisième fois en 72 heures, le rapport de la plateforme «Confessions religieuses sur la désignation du futur Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante.

Selon lui, ils étaient venus remplir un devoir civique, celui de déposer en bonne et due forme les conclusions du travail qu'ils avaient réalisé.

Sans dévoiler l'identité du candidat désigné, Dodo Kamba a laissé à l'Assemblée nationale la primeur de le faire. Il s'agit en fait d'un secret de polichinelle car le nom de Denis Kadima est au coeur des débats dans tous les états-majors politiques. S'agissant de l'absence des délégués de la Cenco, de l'ECC, Dodo Kamba souffle le chaud et le froid.

«Il faut que je vous dise aussi que même l'Eglise Salutiste n'est pas représentée. Il ne faut pas nous amener sur une piste pour faire croire à l'opinion que nous ne sommes pas un comme a eu à le préciser le président de leur plateforme».

Que vaut ce rapport transmis au président de l'Assemblée nationale, signé par toutes les confessions religieuses, mais qui souligne en même temps qu'il n'y a pas eu vote ? Face à cette question,le prophète Dodo Kamba a renvoyé tout le monde à la charte constitutive de la plateforme. « Je vous comprends que vous n'avez aucune idée de notre charte, notre façon de fonctionner parce que ce que nous cherchions, ce n'était pas le vote mais la désignation. Je crois qu'à ce sujet, il ne faudrait pas se cramponner sur un seul mot. Et je tiens à informer que nous avons fait un travail de fond, quitte à la commission de juger si le travail a été fait dans les normes ou pas. Mais déjà, je peux vous rassurer que nous avons fait le travail selon ce que nous avons estimé être faisable et meilleur ».

«En définitive, l'opinion doit retenir que ce qui a été fait par les confessions religieuses est un devoir de patriotes qui parlent Congo, nation, devoir citoyen, constitution et pays »

« Il faudrait que l'on sache que nous parlons Congo, nous parlons nation, nous parlons civisme, nous parlons devoir citoyen, nous parlons constitution, nous parlons avenir du pays. Et d'aucun n'a besoin de savoir que nous souffrons tous d'une chose : le respect de la Constitution. Nous courons un risque tel que les élections risquent de ne pas se tenir dans le délai constitutionnel. En tant que compatriotes congolais, on ne peut pas faire partie des personnes qui amènent une léthargie dans l'administration de notre pays, surtout dans les institutions. Ce qui signifie que ce qui nous a été demandé de faire répond de la bonne volonté de voir ce pays aller de l'avant et respecter les textes ».

Pour Dodo Kamba, les princes de l'Eglise étaient « dans l'obligation de trouver, ne serait-ce qu'une voie de sortie, un moyen de répondre comme les autres entités, les autres composantes, pour pouvoir rendre les choses faisables ».

Les Congolais ont tous besoin de voir les élections se tenir en 2023, sans aucune excuse. Aussi n'avaient-ils pas besoin de causer du retard au processus.

« C'est pour cette raison que nous nous sommes donné le souci de trouver l'issue pour pouvoir régler cette problématique afin de ne pas être tenus responsables pour dire : on vous a demandé de faire quelque chose et vous ne l'avez pas faite. Nous ne voulons pas être responsables de tout ça. On a fait notre travail pour le souci de l'avenir du pays et considérer que cela est fait comme il peut se faire. En plus, il faut savoir que nous sommes dans un pays démocratique», s'est-il justifié.

Et d'ajouter : « Les règles de jeu sont telles qu'on ne peut pas tous regarder dans la même direction. On comprend ou accepte qu'une confession ou deux se disent que nous ne pensons que ça soit opportun de poser tel ou tel autre acte. Nous acceptons sans toutefois nous diviser, nous acceptons la position des uns. C'est ce que nous avons fait en bonne et due forme, en âme et conscience en tant que Congolais ».

Rapport de manque de consensus dans la plate-forme des confessions religieuses

Aux termes des discussions tenues au sein de la plateforme des confessions religieuses le mardi 27 juillet 2021 et le vendredi 30 juillet 2021, après examen des dossiers des candidats, si un consensus a été trouvé sur les aspects techniques des quatre candidats, il a été évoqué deux points de vue divergents sur le plan éthique, indépendance et réputation de chaque candidat :

- Deux confessions religieuses considèrent que, sur le plan éthique et de l'indépendance, les griefs (informations et allégations) contre deux candidats de la liste (les meilleurs sur le plan technique), griefs qui affectent leur indépendance et leur crédibilité, ne permettent pas d'évoluer avec eux jusqu'au vote conformément à l'article 17 de la charte en vigueur. Elles demandent de les mettre de côté et d'évoluer avec d'autres candidats.

- Six confessions religieuses trouvent que les griefs relevés contre les 2 candidats, soit ne sont pas prouvés; soit ne concernent pas directement els candidats. Il convient de passer directement au vote. Le président de la plateforme n'a pas voulu organiser le vote dans ces conditions.

C'est sur cette note de manque de consensus que la séance a été levée.

Fait à Kinshasa, le 30 juillet 2021

Pour l'Eglise Catholique en République Démocratique du Congo, Monseigneur Marcel Utembi Tapa, Archevêque de Kisangani et Président de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO)

- Pour l'Eglise du Christ au Congo (ECC), Révérend André Gédéon Bokundoa-Bo-Likabe, Président National

- Pour l'Eglise Orthodoxe au Congo, Révérend Père Claude Mbayi, délégué

- Pour l'Eglise de Jésus-Christ sur la Terre par son Envoyé Spécial Simon Kimbangu (EJCSK), Révérend Covey Mududu Ndompaulu, Représentant légal en charge de l'évangélisation et missions de l'Eglise

- Pour la Communauté Islamique en République Démocratique du Congo (COMICO) ; Cheikh Abdala Mangala Luaba, Président et Représentant légal

- Pour l'Eglise du Réveil du Congo (ERC), Evêque Dodo Israël Kamba Balanganay, Président et

Représentant légal

- Pour l'Union des Eglises Indépendantes du Congo (UEIC), Monseigneur Simon Nzinga Maluka, Evêque Président National et Représentant légal.

- Pour l'Armée du Salut, Colonel Daniel Moukoko, Chef de Territoire.

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