Cameroun: « La situation est aujourd'hui sous contrôle »

interview

Les précisions du Dr Jonas Temwa, délégué régional de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales de l'Ouest.

Quelle est la situation actuelle de la peste porcine africaine au Cameroun ?

La situation de la peste porcine africaine (PPA) est aujourd'hui sous contrôle. Les fermes sont sous surveillance des services vétérinaires, les mesures de restriction (les mouvements des porcs et de leurs produits dans la région) aussi. Après l'arrêté régional signé par le gouverneur de l'Ouest pour l'application des mesures préventives et de lutte contre la PPA, nous avons dans un premier temps procédé à la fermeture des marchés qui contenaient déjà un effectif considérable de porcs.

Ces deux grands marchés (Casablanca à Bafoussam et celui de Mbouda) ont été désinfectés et fermés, et les porcs ont fait l'objet d'abattage sous le contrôle des services vétérinaires après l'inspection sanitaire vétérinaire. Ensuite, nous avons renforcé le contrôle des mouvements des porcs et de leurs produits au niveau des postes de contrôle sanitaire vétérinaires institués dans la région.

Nous avons procédé aussi au renforcement de toutes les fermes porcines qui sont encore opérationnelles, question d'évaluer l'effectif global des sujets sensibles à la maladie. Ces fermes ont été placées sous surveillance des services vétérinaires, et nous y observons tous les jours la situation de la maladie. Toutes les grandes fermes de la région ne sont pas touchées par la maladie. C'est beaucoup plus les petits élevages où l'application des mesures de biosécurité n'est pas respectée qui font l'objet des mortalités enregistrées.

Quelle est la proportion du cheptel porcin touché ?

Le cheptel porcin est estimé à plus de 150 000 têtes et c'est globalement ce cheptel qui se retrouve concerné par la maladie. Il s'agit de tous les sujets sensibles à la maladie qui peuvent la contracter à tout moment. Le cheptel doit donc faire l'objet d'une surveillance rigoureuse par les services vétérinaires. Présentement, nous avons pris des mesures progressives.

L'abattage des porcs se poursuivait encore la semaine dernière dans les aires d'abattage sous le contrôle des services vétérinaires. Mais nous avons jugé que cela amenait les gens à ne pas observer les mesures prises. C'est pourquoi depuis vendredi dernier, le préfet de la Mifi a pris un arrêté qui permet même de fermer les points d'abattage de porcs.

Ces mesures vont contribuer à maîtriser la circulation du virus et si nous les observons, nous pensons que d'ici un à deux mois, nous pourrons entreprendre des enquêtes épidémiologiques pour vérifier que le virus ne circule plus sur le terrain et entreprendre maintenant des actions pour la levée des mesures restrictives.

Quelles peuvent être les solutions face à la peste porcine ?

La peste porcine africaine est une maladie qui revient chaque année à la même période. Par conséquent, avant que ça n'arrive, on peut procéder à la transformation des bêtes en jambon, saucisson, museau, morceaux de porc vendus dans les supermarchés, par la mise en place des chaînes d'abattage. C'est une solution. Plusieurs éleveurs gardent le porc pendant longtemps, alors qu'après six, sept mois, le porc est déjà adulte et en l'abattant, on réduit le risque de contamination. La deuxième solution, passe par une très bonne structuration de la filière partant de la production jusqu'au niveau des restaurateurs.

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