Sénégal: Mohamed Dia, consultant bancaire sur l'impact économique de la Covid-19 - «Que l'etat travaille avec les banques et investisse dans les infrastructures...»

Depuis son apparition en 2019, le virus de la Covid-19 a perturbé de manière drastique l'économie mondiale. Beaucoup de pays sont dans une situation économique difficile. Invité à l'émission Objection de Sud Fm, Mohamed Dia, économiste et consultant bancaire appelle l'Etat à travailler main dans la main avec les banques et également à investir dans le domaine des infrastructures afin de sauver l'économie du Sénégal.

«Sur le plan économique, on peut dire que ce virus n'a pas d'antécédent, ça a été un gros problème. C'est un défi jusqu'à présent et les gouvernants n'arrivent toujours pas à contenir ce virus. De ce fait, on n'a vu que le PIB mondial a été contracté de 5,2%, pour tous les pays émergents et en voie de développement », a déclaré Mohamed Dia.

ET de poursuivre : « Mais les pays émergents, c'est plutôt 7% et les pays en voie de développement peuvent être 3,7% parce que nous n'avons pas assez de ressources. Et parmi les pays en voie de développement, ceux qui ont plus de ressources naturelles ont été les plus affectés à l'exemple de l'Angola, l'Afrique du Sud et le Nigéria pour le pétrole », a souligné le consultant bancaire.

Et de faire savoir par suite que «les pays comme le Sénégal, ceux de l'Afrique de l'Ouest qui n'avaient pas assez de ressources naturelles ont été les plus résilients ». Et de poursuivre pour ce qui est du Sénégal : « notre économie a besoin d'une transformation structurelle complètement parce qu'on ne peut pas avoir une économie avec 400 mille salariés et tout le reste, c'est de l'informel. Cela pose problème notamment avec 150 mille dans le public et 250 mille aux privés donc ça donne 400 mille salariés. Donc, tout le reste qui est en âge de travailler est dans le secteur informel en quelque sorte, c'est très difficile d'assister ce secteur en termes de financement. Parce que les banques ne prennent pas trop de risques en Afrique, elles sont trop conservatrices. Sur ce, c'est l'Etat qui doit imposer à ces banques d'octroyer 1% de leur budget aux PME et PMI. En fait, il faut que les banques acceptent de prendre un peu de risque, qu'elles ne cherchent pas trop de 100% de garantie soit 50% ».

Pour autant, dira-t-il : « Il faut que l'Etat et les banques travaillent ensemble et que tous ces fonds que l'Etat a en place pouvaient plutôt garantir les banques et directement les prêts. Or pour développer un pays, il faut développer ce secteur des PME et PMI ».

Poursuivant son raisonnement, le consultant bancaire fera savoir que « c'est à l'Etat de faciliter la création d'emplois, parallèlement de créer des emplois en même temps parce que le privé national n'y est pas. Alors, il faut que l'Etat crée des emplois et investisse massivement dans les infrastructures. C'est la seule manière de créer des emplois et de sauver notre économie », a préconisé Mohamed Dia.

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