Centrafrique: L'ONU renouvelle l'embargo sur les armes

Président de la République de Centrafrique, Faustin Archange Touadéra

Le Conseil de sécurité des Nations unies a voté, le 29 juillet, par quatorze voix et une abstention (la Chine) le prolongement de douze mois de l'embargo sur les armes en Centrafrique (RCA).

« En adoptant ce texte, le Conseil de sécurité décide que, jusqu'au 31 juillet 2022, tous les États membres devront continuer de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert direct ou indirect d'armements à la République centrafricaine, à partir de leur territoire ou à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires battant leur pavillon ou d'aéronefs immatriculés chez eux », précise le texte adopté.

L'embargo sur les armes a été imposé en 2013, après qu'une coalition de groupes armés avait renversé le régime du président François Bozizé et plongé le pays dans la guerre civile. Il a été prolongé à de nombreuses reprises malgré les demandes incessantes de sa levée par le gouvernement centrafricain.

Mais les autorités estiment que cette mesure pénalise le pays contre les groupes rebelles. Un point de vue également partagé par la Chine qui a estimé que le maintien de l'embargo était « un obstacle aux efforts du gouvernement visant à promouvoir la paix et la réconciliation ».

La Russie qui mène depuis 2018 une offensive diplomatique dans cette ancienne colonie française avait obtenu du Conseil de sécurité un assouplissement de l'embargo en octobre, après un premier allègement en 2019, qui permettait la fourniture d'armes de calibres inférieurs à 14,5 millimètres.

De nouvelles mesures d'allègement de l'embargo ont été adoptées par l'ONU, dont la livraison de mortiers de soixante millimètres et des munitions spécialement conçues pour ces armes.

Le renouvellement de l'embargo sur les armes intervient deux jours avant l'attaque par des rebelles du groupe 3R d'un village situé dans le nord-ouest de la Centrafrique.

Ce matin à l'aube des éléments du groupe 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) ont lancé une attaque d'ampleur contre les positions des forces armées centrafricaines au village de Mann », à plus de 550 km de Bangui, « et en ont temporairement pris le contrôle », a déclaré, samedi, un porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique.

« Six civils ont été tués et il y a plusieurs blessés. La situation est sous contrôle et des patrouilles de contrôle ont été conduites dans le village et ses alentours par les Casques bleus », a-t-il précisé.

Les 3R, majoritairement composés de Peuls, sont l'un des plus puissants groupes armés de Centrafrique. En fin décembre, ils ont participé à la coalition rebelle qui cherchait à renverser le président Touadéra et faire échec à sa réélection.

Au début de la semaine, une attaque lancée par des rebelles avait blessé un Casque bleu et tué un soldat centrafricain Obo, à neuf cents kilomètres à l'est de Bangui.

Dans un communiqué, Human rights watch a dénoncé les exactions de la milice peule « 3R ».

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