Congo-Kinshasa: Kasaï oriental - Des réactions à la suite de la profanation des paroisses catholiques

L'imbroglio, qui règne actuellement au sein de la Commission nationale électorale indépendante où les représentants des confessions religieuses ont du mal se mettre d'accord sur la personne censée diriger cette institution d'appui à la démocratie, est en train de prendre une autre tournure.

La violence s'est invitée dans ce processus de désignation du successeur de Corneille Naanga avec, en toile de fond, des attaques ciblées contre l'Eglise catholique. Cette dernière est accusée, à tort ou à raison, de soutenir un autre candidat au détriment de celui présenté par le reste des confessions religieuses. Et elle paie malheureusement le prix de son obstination à vouloir imposer, coûte que coûte, son choix.

Le week-end dernier a été marqué par une série d'attaques dont ont été l'objet plusieurs paroisses de l'Eglise catholique dans la province du Kasaï oriental. En effet, plus d'une dizaine préfectures de l'Eglise catholique ont été profanées, le 31 juillet, par des inconnus dans le diocèse de Mbuji-Mayi. Plusieurs autres du doyenné de l'Est basé en territoire de Ngandajika dans la province de Lomami dont Saint-Amand, Sainte-Bernadette de Nkolongo ont également subi la furie des inciviques. Dans le même temps, la résidence du cardinal Fridolin Ambongo, siège de l'archevêché de Kinshasa, a été également attaquée le1er août par un groupe d'individus non autrement identifiés. Ils ont été dispersés quelques minutes plus tard par les éléments de la police.

Ces acte inciviques ont, comme il fallait s'y attendre, soulevé un tollé général dans les milieux politiques et religieux. Des réactions ont fusé de partout pour condamner ce déferlement de la violence tendant à entraver le processus de démocratisation déjà en si bon chemin. Sur son compte twitter, l'opposant Martin Fayulu a condamné de la plus sévère manière ces actes inacceptables qui, a-t-il mentionné, « sont l'œuvre d'une catégorie de personnes en perdition » avant de les inviter à vite se ressaisir. De son côté, Delly Sessanga, président de l'Envol, a indiqué que ces attaques constituent une dérive intolérable qui appelle à la réprobation totale de tous. « Je condamne ces actes qui sont une atteinte grave à la liberté que rien ne justifie », a-t-il réagi.

Rejetant en bloc toutes les insinuations faisant croire que l'UDPS est derrière ces violences, le secrétaire général Augustin Kabuya, a confirmé l'existence des moutons noirs au sein du parti présidentiel « qui pensent qu'ils peuvent ternir l'image de l'UDPS et du chef de l'Etat ». Et d'ajouter : « Nous sommes non violents. Nous sommes un parti politique de la non-violence .»

Dans une déclaration lue devant la presse le 2 août, la Conférence épiscopale nationale du Congo a affirmé que ces actes sont une atteinte à la liberté religieuse et d'expression mais aussi une entorse à la démocratie dans le pays. Pour cette structure de l'Eglise catholique, il s'agit là, ni plus ni moins que d'un « grand recul sur le chemin de l'État de droit auquel aspire le peuple congolais ». La même déclaration poursuit un peu plus loin en ces termes: « La violence est l'art de ceux qui manquent des arguments dans un débat démocratique et citoyen, elle tue la démocratie et elle la remplace par la dictature ». Pour elle, l'Eglise catholique ne fait qu'accomplir sa mission prophétique dans la recherche du bien-être congolais.

Même réaction du côté de l'archidiocèse de Kinshasa qui a dit regretter profondément cette attitude peu responsable. «Nous regrettons profondément cette attitude peu responsable. Nous mesurons et évaluons, sur tous les plans, ces actes que nous désapprouvons fermement ainsi que leurs conséquences », lit-on dans ce communiqué.

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