Congo-Kinshasa: Le chef de la police de la Kinshasa sermonne ses éléments après plusieurs bavures

Les policiers de la ville étaient réunis lundi au stade des Martyrs à Kinshasa pour une « parade générale », mais ce fut surtout l'occasion pour leur chef de les sermonner après plusieurs bavures : du meurtre d'un étudiant de l'université par un agent de police en fuite aux violences commises lors de contrôles des mesures de lutte anti-Covid-19. Pas plus tard que le mercredi dernier, un policier a tiré « par inadvertance » sur son supérieur pendant un contrôle des masques.

En réponse à un cri du commandant d'honneur, ils ont l'air serein, forment le rang, en uniforme. Des milliers de policiers attendent leur chef en ce lundi 2 août au stade des Martyrs de Kinshasa.

11h30. Revue des troupes, hymne national... Le rassemblement débute par une minute de silence en mémoire notamment de l'étudiant Honoré Shama, victime de deux balles d'un policier le 24 juillet dernier. S'ensuit une mise au point du patron de la police de Kinshasa, Sylvano Kasongo. « Notre patronne, c'est la population, ce qui s'est passé est une honte, le président de la République est déçu à cause de vos bêtises, déclare-t-il. L'histoire de cet étudiant dont la vie a été fauchée par un policier voyou, un incivique. Qui vous a dit qu'il faut une autorisation à un étudiant pour tourner une pièce de théâtre ? Savez-vous que la vie d'une personne est sacrée ? C'est inadmissible. Vous utilisez les armes à feu abusivement. Elles ne peuvent être utilisées que face à des bandits armés, pas des civils, pas pour le port des masques. Ce policier voyou a tué l'espoir d'une famille. »

Puis le chef de la police se veut rassurant. « Ce policier sera appréhendé. Ses deux collègues ont été arrêtés. Ils seront condamnés à mort. On ne peut pas accepter d'ôter la vie d'une personne pour rien. Quelle que soit sa cachette, il sera arrêté ».

À tous les égards, un maître mot : « Restez ferme, mais courtois ». Sylvano Kasongo impute aussi ces bavures à l'existence dans les rangs de policiers recrutés illégalement, une pratique qu'il compte bannir grâce aux dénonciations.

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