Congo-Kinshasa: Une série noire des bavures policières en RDC

Du 25 au 30 juillet, trois personnes ont été abattues par des forces de l'ordre. La société civile dénonce, la police parle de cas isolés.

Le 30 juillet, Utukufu Lukambo, une jeune fille de 16 ans, a été tuée par un militaire des FARDC dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.

Le 28 juillet, dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa, un policier tire "par inadvertance" sur son supérieur pendant un contrôle de port du masque.

Enfin, le 25 juillet, Honoré Shama, un étudiant de l'Université de Kinshasa (UNIKIN), est tué par un policier qui lui reprochait de ne pas porter de masque.

Vendredi (30.07), vers 13h (heure locale) lorsque Utukufu Lukambo est abattue à un barrage par un militaire à Loashi, dans le Masisi, alors qu'elle rentrait de ses cours.

Le député provincial Alexis Baunga qui relate les faits dit s'être toujours insurgé contre ces barrages qui rendent la vie difficile aux populations.

"A cause d'une barrière payante érigée à trois kilomètres de Masisi centre, une fille de l'Institut Loashi a été abattue vendredi 30 juillet vers 13h par un élément des FARDC. Chaque personne qui passe à cette barrière, à l'aller comme au retour, est soumise à un paiement forcé tantôt de 500 ou de 1.000 franc congolais. La fille qui revenait de l'école a été abattue par cet élément des FARDC qui a exigé qu'elle paye cet argent qu'elle n'avait pas", témoigne Alexis Baunga.

Cet événement à Masisi rappelle ceux de Kinshasa impliquant des éléments de la police dans la semaine du 25 juillet. Pour le colonel Mwanaputu, porte-parole de la police nationale congolaise, ces bavures commises par les forces de l'ordre seraient des actes isolés.

"Notre mission c'est de protéger la population. Comme vous l'avez vu, ce sont des actes isolés, ce genre d'actes est prohibé au sein de la police. Les mesures sont les suivantes : on ne peut pas se servir d'une arme à feu pour faire le maintien de l'ordre public. Ça ce sont les principes qui ont été édictés par le commissaire général de la police nationale congolaise. Si un policier se retrouve en possession d'une arme à feu et qu'il ne respecte pas la discipline par rapport à l'usage de cette arme et qu'il a commis une bavure, automatiquement le commandant d'unité se saisit de ce policier pour le déférer devant son juge naturel. Là, les choses sont claires, » rappelle le porte parole de la police congolaise.

L'indispensable formation des policiers

Actes isolés certes, mais déjà en 2019, à la suite de l'assassinat par balle d'un moto-taximan par un policier lors d'une altercation, suivie, deux jours plus tard, par l'assassinat du gestionnaire d'un centre de santé en pleine capitale congolaise, le Réseau national des ONG des droits de l'homme du Congo avait exigé des réformes pour garantir la sécurité de la population.

Pour Danny Singoma, président du cadre national de concertation de la société civile, la formation des policiers reste insuffisante.

"Que ce soit au niveau de Kinshasa ou au niveau des provinces, nous avons constaté des bévues. Ces actes isolés s'expliquent par le fait que les policiers sont mal payés et ils sont mal formés. Nous exigeons que la police puisse procéder à l'amélioration des conditions salariales des policiers et aussi de leur formation parce que certains n'ont pas été formés et se promènent avec des armes comme si on leur avait donné un permis de tuer. Quand la méfiance s'installe entre la police et la population, rien de bon ne va s'opérer."

A Kinshasa, Sylvano Kasongo Kitenge, commissaire divisionnaire adjoint de la police nationale congolaise et chef de la police de la ville de Kinshasa, a affirmé à la suite des violences policières enregistrées lors de contrôles du port du masque, que les bavures ne seront pas acceptées au sein des forces de l'ordre. Il a également dénoncé des recrutements illicites au sein de ces dernières.

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