Ile Maurice: Importation de marchandises - Un haut cadre de L&T accusé par un ancien fournisseur

Il ne sait plus à quel saint se vouer. Cet ancien fournisseur de Larsen & Toubro (L&T), à travers sa compagnie Royal Construction Engineering & Co Ltd, n'avait aucune idée qu'entrer en affaire avec un employé de cette société indienne allait lui faire voir de toutes les couleurs.

Le calvaire de Ram Matapullut commence en 2018. Il raconte que grâce à ses relations quotidiennes, il a pris connaissance d'une opportunité commerciale pour la fourniture d'un grand volume d'épicerie à L&T par l'intermédiaire de son traiteur, Gulf Catering Services (GCS), qui s'occupe des repas de son personnel à Richelieu. Il décide alors de créer la compagnie Chennai Express Co Ltd le 27 avril 2018.

Ram Matapullut explique avoir fait la connaissance de Raja Palanikumar, Health & Safety Manager chez L&T depuis août 2017. Ce dernier lui a laissé entendre qu'il pourrait l'aider et agir comme agent de liaison commerciale avec GCS. «Le haut cadre connaissait très bien les exigences de commande spécifique de GCS», affirme-t-il. Étant donné que le business avec GCS semblait très rentable et d'une très grande opportunité, Ram Mattapullut soutient que Raja Palanikumar, étant originaire de la Grande péninsule connaissait très bien les fournisseurs indiens et le processus d'exportation, a insisté auprès de lui pour faire partie de l'entreprise. «Il m'a dit qu'étant employé avec L&T, son nom ne devrait pas être associé de quelque manière que ce soit à l'importation et à la vente de ces produits à GCS et à d'autres. Il a choisi sa femme pour agir en son nom dans les affaires.»

Sridevi Palanikumar, l'épouse du haut cadre est actionnaire à 49 % au sein de la société Chennai Express Co.Ltd. La société a été constituée principalement en vue d'importer des épices, du riz et du 'dholl' de Tamil Nadu, où le prix est très bas et doit être fourni en vrac à GCS qui est le traiteur de ces aliments pour les travailleurs indiens travaillant chez L&T. Il a également été décidé que les produits importés seront vendus sur le marché local, les supermarchés, les magasins, etc.

Ram Mattapullut confie qu'il s'est basé sur les promesses de ces actionnaires sur le fait que l'importation de ces produits de l'Inde à Maurice sera à un prix très bas. Ils ont même fait croire que la société Chennai Express sera en mesure de réaliser un gros profit. La société commence donc à importer épices, riz, 'dholl', entre autres, avec la compagnie B&B Traders, qui appartient au beau-père de Raja Palanikumar, père de son épouse. Le couple fait croire qu'il importait des produits d'un de leurs amis.

Le couple Palanikumar a insisté que Ram Mattapullut effectue le paiement à B&B Traders. «Ils m'ont dit qu'ils avaient déjà effectué sa part de paiement de 50 % du prix d'achat de ces produits à B&B Traders. Chennai Express Co.Ltd a accepté de payer à B&B Traders l'autre moitié du prix d'achat et le transfert a été effectué en conséquence», explique Ram Mattapullut. Il fait part au couple Palanikumar que tous les produits ou épices importés de l'Inde doivent être conformes aux lois et règlements de Maurice, à savoir qu'il doit y avoir un certificat de test de fumigation des autorités indiennes, les produits doivent être emballés avec la date de fabrication, la date d'expiration et les détails du fournisseur et nom du produit imprimé sur chaque paquet/sachet de produits individuellement. «Lorsqu'ils ont été informés des exigences de Maurice, ils ont déclaré ne pas s'en soucier et que le nécessaire sera fait pour satisfaire la loi et les exigences mauriciennes.»

À l'arrivée du navire et de sa cargaison contenant les épices, Chennai Express Co.Ltd, par le biais d'un prêt, et après avoir préalablement payé le prix d'achat à B&B Traders, a réglé la somme de Rs 97 160 pour les frais de douane, de stoc- kage, inspection, frais de dédouanement. Ram Mattappalut raconte être tombé des nus lorsque le douanier a ouvert le conteneur. «J'ai constaté que tous les emballages des produits n'étaient pas ceux initialement discutés et convenus, ils n'étaient pas les mêmes que ceux indiqués par Raja Palanikumar. Il n'y avait pas de date d'expiration.» De plus, aucun essai de fumigation n'a été effectué, le certificat était donc manquant.

Après de nombreux efforts pour convaincre les autorités mauriciennes, celles-ci ont autorisé le dédouanement des produits à une seule condition. Que les marchandises et les produits ne s'écoulent pas sur le marché local mais uniquement au personnel de GCS, des expatriés in- diens et de L&T. «Le haut cadre m'a assuré que tous les produits seraient facilement vendus aux employés de GCS, L&T et autres expatriés indiens. La moitié des marchandises importées ont été emmenées chez les Palanikumar à Quatre-Bornes et l'autre moitié entreposée chez moi.»

Autre coup dur pour Ram Mattappalut : les épices, le riz et autres marchandises ne pouvaient pas être vendus à GCS car le prix n'était pas compétitif, l'emballage n'était pas conforme aux normes pour être mis sur le marché local et le riz et d'autres produits ont commencé à avoir des insectes car la fumigation n'a pas été faite comme promis.

Ram Mattappalut affirme qu'il a entamé une action en justice, par le biais de son avocat Me Ilshad Munsoor et son avoué R.K Ramdewar. Il réclame des indemnités de Rs 22 752 014,.7, au couple Palanikumar pour des dommages et préjudices causés.

Sollicité pour sa version des faits, Raja Palanikumar nous a renvoyé à son avocat qui a déclaré : «L'affaire est déjà en cours. Nous allons donner notre défense. Toutes ces allégations sont pour nuire à mon client. On va soulever des points de droits. Les faits sont inexacts et faux.»

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