Congo-Kinshasa: Polémique autour de la désignation du président de la CENI - Privilégier à tout prix l'intérêt du peuple congolais

analyse

Qui succédera à Corneille Nangaa à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en République démocratique du Congo (RDC) ? Voici une question à laquelle il est difficile de répondre, tant la situation paraît pour le moins confuse. En effet, on se rappelle que l'Assemblée nationale, peu avant le divorce entre le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (CACH), avait désigné Ronsard Malonda qui, illico presto, avait été récusé parce que jugé très proche de Joseph Kabila.

La suite, on la connaît, puisque le président Félix Tshisékedi avait refusé de promulguer la loi portant désignation de cet homme- lige de l'ex-président à la tête de l'instance électorale. Visiblement, cette démarche n'était pas dénuée de tout calcul politique. Car, après s'être affranchi de la tutelle de son successeur qu'est l'ex-raïs, Félix Tshisékedi, on le sait, fait feu de tout bois pour imposer son homme à la tête de la CENI.

Si fait qu'il tente de semer la confusion entre les différentes confessions religieuses à qui revient la charge de désigner celui-là qui dirigera l'instance électorale. En effet, six confessions religieuses sur huit officiellement reconnues, ont porté leur choix sur Denis Kadima. Mais les églises catholique et protestante s'y opposent, estimant qu'elles font l'objet de menaces et de pressions tous azimuts.

Il faut en appeler à la responsabilité du président Tshisékedi

Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'ire de quelques thuriféraires zélés du pouvoir qui, depuis quelques mois, se livrent à la profanation de lieux appartenant à l'Eglise catholique dans le Kasaï-oriental dont est originaire le candidat contesté, Denis Kadima. Et ce n'est pas tout. Car, la tension est montée de plusieurs crans le week-end écoulé, avec les attaques dirigées contre l'archevêché à Kinshasa et la résidence du Cardinal Ambongo et ce, dans l'indifférence totale pour ne pas dire, complice des autorités.

Tout se passe, en effet, comme si les hommes politiques congolais, au nom de leurs intérêts égoïstes, étaient en train de dresser les religions les unes contre les autres, oubliant qu'ils jouent là à un jeu dangereux. Déjà, du fait de la mal gouvernance des dirigeants, la RDC est en proie à de multiples rébellions, si bien qu'il ne faudrait pas en rajouter avec un conflit religieux aux conséquences incalculables.

Il faut donc savoir raison garder en faisant en sorte qu'à tout prix prévale l'intérêt supérieur du peuple congolais qui a longtemps souffert le martyre. Cela dit, il faut en appeler à la responsabilité du président Tshisékedi himself qui doit prendre toute la mesure du péril qui guette la RDC en œuvrant de sorte que prennent fin ces tensions qui couvent au sein des différentes confessions religieuses du fait de la désignation retardée du président de la CENI. Et cela passe par la non-ingérence dans leurs affaires internes.

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